Poilievre exige l’abandon immédiat du plafond libéral sur les émissions pétrolières et gazières

Rahim Mohamed rapporte dans le National Post que les conservateurs d’Ottawa ont lancé une nouvelle offensive parlementaire contre la politique énergétique du gouvernement libéral de Mark Carney. Le chef conservateur Pierre Poilievre a profité d’une motion déposée à la Chambre des communes pour exiger l’annulation immédiate du plafond sur les émissions du secteur pétrolier et gazier, présenté par les libéraux comme une mesure phare de leur programme climatique.

Un effet dissuasif sur les investissements

Selon Mohamed, Poilievre a dénoncé en chambre les conséquences économiques de cette politique, qui a été promise dès la campagne de 2021 et qui prend la forme d’un système de plafonnement et d’échange imposant des cibles obligatoires de réduction des émissions. Même dans sa version préliminaire, le plafond aurait, selon lui, un effet paralysant sur les investissements. « Personne ne veut construire un pipeline lorsque le gouvernement vous interdit de produire le pétrole qu’on y ferait circuler », a lancé le chef conservateur.

Le plafond en question, dont le premier seuil doit entrer en vigueur au début des années 2030, fixe des réductions de 35 % par rapport aux niveaux de 2019. Les entreprises en défaut pourraient écoper d’amendes allant jusqu’à 12 millions de dollars, selon les projets de règlement publiés à l’automne 2024.

Un coût économique contesté

Mohamed rappelle que le Directeur parlementaire du budget a évalué en mars dernier que le plafond, appliqué tel que proposé, entraînerait la perte de 54 400 emplois à temps plein et amputerait le PIB nominal de 20,5 milliards $ par année d’ici 2032. Ces projections ont été vivement contestées par les libéraux, qui reprochent au PBO de ne pas avoir intégré les gains anticipés des technologies de captage et de stockage du carbone.

Corey Hogan, secrétaire parlementaire à l’énergie et député libéral de l’Alberta, a défendu la position gouvernementale en dénonçant le « discours alarmiste » des conservateurs. Selon lui, l’industrie canadienne est « plus résiliente qu’ils ne le pensent » et le potentiel des nouvelles technologies bas carbone justifie l’optimisme.

Les signaux contradictoires du gouvernement Carney

Toujours selon Mohamed, des informations rapportées par Reuters en début de mois indiquent que le gouvernement Carney envisage d’assouplir la mesure, en échange d’engagements de réduction volontaire des émissions par l’Alberta et les grandes compagnies pétrolières. Mais Poilievre soutient que les libéraux entretiennent une ambiguïté nuisible pour les travailleurs et les investisseurs, et qu’il faut « mettre fin au suspense ».

« Si les libéraux votent pour maintenir leur plafond de production, ce sera un signal clair que toutes les promesses de construire plus de pipelines n’étaient qu’illusions », a-t-il affirmé.

Une politique en sursis?

L’analyste énergétique Heather Exner-Pirot, citée par Mohamed, estime que la motion conservatrice a peu de chances d’être adoptée, mais qu’elle permet au parti de se placer « du bon côté de l’histoire ». Elle juge que ce plafond « était une mauvaise politique dès le départ » et qu’il « semble désormais condamné ».

De son côté, la ministre de l’Environnement Julie Dabrusin a affirmé que les consultations sur les règlements publiés en 2024 sont encore en cours et qu’aucun échéancier n’a été fixé pour l’adoption finale.

Facebook
Twitter
LinkedIn
Reddit
Email

Les nouvelles à ne pas manquer cette semaine