Poilievre veut abolir le programme des travailleurs étrangers temporaires

Le chef du Parti conservateur du Canada, Pierre Poilievre, a lancé un appel clair et tranchant : mettre fin au programme des travailleurs étrangers temporaires (TET). Dans un reportage publié le 3 septembre 2025, Uday Rana de Global News rapporte que Poilievre a accusé ce programme de « voler les opportunités » et de « comprimer les salaires » des Canadiens.

La position de Poilievre

Selon les propos rapportés par Uday Rana (Global News), Poilievre a affirmé qu’il était temps de « prendre des mesures décisives pour protéger nos jeunes et nos travailleurs ». Dans un communiqué, il a demandé au gouvernement fédéral de « cesser immédiatement d’émettre de nouveaux permis de TET » et de mettre un terme définitif à ce programme, tout en créant un régime distinct réservé aux emplois agricoles véritablement difficiles à combler.

Le chef conservateur propose une période de transition maximale de cinq ans dans les régions où le chômage est particulièrement faible, mais insiste qu’aucun nouveau permis ne devrait être délivré, peu importe la province. Pour lui, la solution passe par une réorganisation du marché du travail afin de replacer les Canadiens au centre des priorités d’embauche.

Un programme déjà sous surveillance

Comme le rappelle Rana, le programme des travailleurs étrangers temporaires a fait l’objet d’un examen croissant ces dernières années, particulièrement en raison de son impact sur les salaires. Selon les données fédérales, Ottawa s’était fixé un objectif d’admettre 82 000 nouveaux travailleurs par ce biais en 2025. Or, dès l’année précédente, le gouvernement avait déjà imposé des restrictions importantes.

En effet, Ottawa a décrété que dans les régions où le taux de chômage dépasse 6 %, aucune demande de TET à bas salaire ne serait acceptée. Le ministère de l’Emploi et du Développement social a aussi imposé un plafond : seulement 10 % des effectifs d’une entreprise peuvent provenir du volet bas salaire, et la durée maximale de leur contrat a été réduite de deux ans à un an.

Un emploi dit « bas salaire » est défini comme un poste rémunéré en dessous du salaire médian de la province concernée.

Contexte économique et politique

Dans son reportage, Uday Rana rappelle que Poilievre a justifié sa proposition en invoquant les chiffres récents du chômage. Selon lui, le taux de chômage des jeunes est à son plus bas niveau depuis plus de vingt-cinq ans (hors pandémie), ce qui devrait favoriser l’intégration de Canadiens au marché du travail sans recourir à une main-d’œuvre étrangère temporaire.

Du côté du gouvernement fédéral, la stratégie en matière d’immigration prévoit déjà une baisse de la proportion de résidents temporaires au pays. Actuellement à 6,5 % de la population, cette proportion devrait descendre sous la barre des 5 % d’ici 2026. Cela inclut non seulement les travailleurs étrangers temporaires, mais aussi les étudiants internationaux, dont le nombre de permis est passé de 485 000 en 2024 à 437 000 cette année.

Toujours selon les chiffres gouvernementaux rapportés par Global News, la population totale de résidents temporaires au Canada devrait reculer de 445 901 personnes en 2025 et de 445 662 en 2026, avant une légère remontée prévue en 2027 (+17 439).

Un débat qui divise

La sortie de Poilievre marque une rupture nette avec la logique actuelle du programme, que les libéraux ont choisi de restreindre plutôt que d’abolir. Alors que certains employeurs, notamment dans le secteur agricole, soutiennent que le recours aux TET est essentiel à leur survie économique, d’autres dénoncent les abus et les conditions de travail précaires qui en découlent.

Le débat lancé par Poilievre s’inscrit donc dans une ligne de fracture bien connue : entre la nécessité économique de pourvoir certains postes et la volonté politique de protéger les salaires et les emplois canadiens.

Facebook
Twitter
LinkedIn
Reddit
Email

Les nouvelles à ne pas manquer cette semaine