Selon Gabrielle Fahmy dans un article publié dans le New York Post le 9 août 2025, un fossé se creuse entre la Russie et l’Iran, pourtant alliés stratégiques, en raison d’un différend autour d’un contrat d’armement de 1,75 milliard de dollars et du manque de soutien militaire de Moscou envers Téhéran.
En 2023, Vladimir Poutine avait conclu avec la République islamique un accord jugé alors « partenariat secret », permettant à la Russie d’obtenir les plans de fabrication des drones iraniens Shahed, déjà massivement utilisés contre l’Ukraine depuis l’invasion lancée en 2022. Ce marché visait à permettre à Moscou de produire localement ces appareils surnommés « drones kamikazes », qui s’autodétruisent sur leur cible.
Cependant, selon une source de renseignement occidentale citée par CNN, Téhéran est de plus en plus frustré du peu de soutien reçu depuis cet accord. Le ressentiment aurait atteint son apogée lors de la guerre de douze jours opposant l’Iran à Israël en juin dernier. Alors que Téhéran espérait une aide militaire concrète, la Russie s’est limitée à condamner les frappes israéliennes et à proposer sa médiation, sans intervenir militairement.
Livré à lui-même, le régime iranien a subi de lourdes pertes : plus de 30 commandants, dont au moins 11 scientifiques nucléaires de haut rang, ont été tués dans des frappes aériennes israéliennes, et plusieurs installations nucléaires ont été sévèrement endommagées. Le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, aurait même été contraint de se cacher.
Pour la source citée, cette inaction illustre la « nature purement transactionnelle » de Moscou, qui n’intervient jamais au-delà de ses intérêts immédiats, même si son partenaire clé en matière d’armement est directement attaqué.
À cela s’ajoute une autre source de tension : la Russie, après avoir obtenu les plans, aurait amélioré les Shahed pour les rendre plus meurtriers et difficiles à intercepter, tout en réduisant leur coût de fabrication de 200 000 $ à environ 70 000 $ l’unité. Jusqu’à 90 % de la production serait désormais réalisée en Russie, principalement dans l’usine géante d’Alabuga, à 600 kilomètres à l’est de Moscou.
De plus, Moscou n’aurait pas réglé la totalité des paiements dus à l’Iran, invoquant les sanctions occidentales. Ces améliorations et cette production interne massives se seraient faites sans que Téhéran en soit informé, renforçant le sentiment d’avoir été « dupé » par son allié.



