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Pour la gauche radicale, le journal « Le Devoir » est un média de « droite ».

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Ces dernières années, il fut constaté que la nouvelle gauche radicale, sociétale et culturelle, avait des tendances particulièrement « cannibales ». En effet, plutôt que d’unifier le prolétariat afin de mener la révolution, elle met l’accent sur les multiples communautarismes, ce qui pousse bien souvent aux luttes intestines et fratricides. Un exemple notoire s’est d’ailleurs illustré au Québec, où le réalisateur de gauche Robert Lepage avait été censuré par des gens de son propre camp, sous prétexte qu’il n’adoptait pas adéquatement le catéchisme de l’appropriation culturelle. Paradoxalement, son intention première était de rendre hommage à certaines cultures.

Aujourd’hui, encore au Québec, une nouvelle logique cannibale est en train d’émerger, concernant cette fois-ci un « professeur » de cégep, Xavier Camus. Se qualifiant comme un homme qui « déstabilise la haine », il suffit d’observer moindrement les propos de ses fidèles afin de constater que, tout au contraire, il distille continuellement la haine et fanatise à un très haut degré sa base militante. Détenteur catégorique de la vérité immuable, tout ce qui est à droite de sa personne s’incorpore dans une zone intrinsèquement illégitime, qu’il n’hésite pas à maudire et châtier à l’aide des pires anathèmes possibles.

Gauche, centre-gauche, centrisme, centre-droit, droite, extrême-droite… En somme, tout ce qui est à droite de l’extrême-gauche est apposé du sceau de l’hérésie publique. La nuance est totalement évaporée. Muni de sa boule de cristal, Xavier Camus se croit autorisé à décréter quelles positions politiques sont acceptables, et lesquelles ne le sont pas. Tout récemment, son nouveau décret révélé s’est apposé sur le journal Le Devoir. Naturellement, c’est un secret de polichinelle que ce journal penche clairement à la gauche de la gauche, avec une ligne éditoriale globalement progressiste, antinationaliste et socialiste. Or, Le devoir a commis un péché impardonnable, coupable d’excommunication immédiate : il héberge un chroniqueur conservateur, Christian Rioux! Diantre, que d’impiété!

Par ailleurs, il faut en profiter pour mentionner son incontestable excellence. D’une érudition remarquable, ses chroniques sont une source de richesse à la fois pour la sphère médiatique québécoise mais aussi pour la sphère culturelle au sens général. Nageant à contrecourant, monsieur Rioux refuse de se plier bêtement à la doxa du moment, vulgaire et pauvre. Or, pour Xavier Camus, mais aussi pour la gauche radicale au sens général, la possibilité qu’un homme ne daigne pas se soumettre à la doxa progressiste est une chose absolument inacceptable. Le devoir commet donc le crime d’héberger un chroniqueur conservateur, ce qui brime l’uniformité idéologique dont fantasme la gauche radicale. À ce stade, autant se calquer sur les méthodes de la Chine communiste.

De façon lucide, comment peut-on en venir à considérer Le Devoir comme un journal de « droite »? Pour en venir à cette conclusion, sans aucun doute, il faut souffrir d’une grave intoxication idéologique. Pourtant, cette réelle volonté témoigne d’une dangereuse tendance, à savoir l’hostilité envers le pluralisme idéologique et la diversité d’expression. La gauche radicale est incapable de supporter ces principes cardinaux, pourtant fondamentaux à notre régime politique ; elle souhaite imposer son paradigme à l’ensemble de la société, voire jusqu’au plus profond de l’âme des hommes. La dissidence doit s’effacer de façon absolue, et ce jusqu’à la moindre particule. Lorsque l’on détient la vérité, alors la dissidence ne peut être qu’une pure déviation pathologique. C’est pourquoi, aussi ridicule cela soit-il, la simple présence de Christian Rioux soit suffisante afin que la gauche radicale condamne Le Devoir. Comment ne pas y voir une forme viscérale d’intolérance?

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