Une majorité nette de Canadiens s’opposent à la hausse de la taxe fédérale sur les carburants prévue pour septembre, selon un sondage Léger rendu public par la Fédération canadienne des contribuables (FCC).
D’après les résultats diffusés le 5 août par l’organisme, 63 % des répondants s’opposent à l’augmentation de la taxe fédérale sur l’essence et le diesel qui doit entrer en vigueur le 8 septembre prochain.
Le gouvernement fédéral avait temporairement suspendu cette taxe. À son retour, elle atteindra de nouveau 10 cents par litre d’essence et quatre cents par litre de diesel, précise la Fédération canadienne des contribuables.
Selon le sondage Léger cité par l’organisme, 43 % des Canadiens se disent fortement opposés à la hausse, tandis que 20 % s’y disent plutôt opposés. À l’inverse, 17 % l’appuient plutôt et seulement 8 % l’appuient fortement. Quelque 11 % des répondants disent ne pas savoir.
Lorsque seuls les répondants ayant exprimé une opinion sont considérés, la proportion d’opposants atteint 71 %, souligne la FCC.
« Le sondage montre que les Canadiens de tous les groupes démographiques s’opposent au projet du premier ministre Mark Carney de relever les taxes fédérales sur l’essence le mois prochain », a déclaré Franco Terrazzano, directeur fédéral de la Fédération canadienne des contribuables.
L’organisme affirme que l’opposition à la hausse est majoritaire chez les hommes comme chez les femmes, dans toutes les catégories d’âge ainsi que dans toutes les provinces. Les femmes, les personnes âgées de 55 ans et plus ainsi que les résidents de la Saskatchewan et du Manitoba seraient les groupes les plus susceptibles de s’y opposer.
Pour la Fédération, le gouvernement Carney devrait aller plus loin que le maintien de la suspension actuelle et réduire de façon permanente la taxe fédérale sur les carburants.
« Carney doit réduire de façon permanente la taxe sur l’essence parce que les Canadiens n’ont pas les moyens de payer davantage pour faire le plein de leurs véhicules tout en absorbant des prix plus élevés pour tout ce qui est transporté par camion jusqu’aux tablettes des magasins », soutient Franco Terrazzano.
La Fédération canadienne des contribuables fait notamment valoir qu’une hausse du coût du carburant ne touche pas uniquement les automobilistes. Les coûts de transport peuvent aussi se répercuter sur les entreprises qui déplacent des marchandises et, ultimement, sur les prix payés par les consommateurs.
L’organisme réclame parallèlement une réduction des dépenses publiques afin que les baisses de taxes puissent être maintenues sans accroître davantage la dette fédérale.
La taxation des carburants ne se limite par ailleurs pas à la taxe fédérale par litre. Les automobilistes doivent également acquitter les taxes provinciales sur les carburants ainsi que, dans certaines régions, des prélèvements destinés au transport collectif.
La FCC inclut également dans son calcul ce qu’elle qualifie de « taxes carbone cachées ». De plus, les taxes de vente fédérale et provinciales sont, dans plusieurs provinces, calculées sur le prix après l’ajout des différentes taxes par litre.
Selon le plus récent Gas Tax Honesty Report de la Fédération canadienne des contribuables, les différentes taxes peuvent ainsi représenter jusqu’à 35 % du prix payé à la pompe dans certaines régions du pays.
À moins d’un changement de cap du gouvernement fédéral d’ici là, la suspension temporaire prendra donc fin le 8 septembre, ramenant la taxe fédérale à 10 cents le litre d’essence et quatre cents le litre de diesel — une décision qui, à en croire le sondage Léger dévoilé par la Fédération, se heurte pour l’instant à une forte opposition dans la population.



