Le journaliste Pat Foran, dans un reportage publié le 19 septembre 2025, met en lumière l’initiative du Bureau de la concurrence du Canada, qui vient de lancer une étude de marché afin de vérifier si les petites et moyennes entreprises (PME) sont traitées équitablement par les grandes banques canadiennes.
Les PME, qui comptent entre 1 et 99 employés, représentent à elles seules 98 % de toutes les entreprises au pays et contribuent pour environ la moitié de la production économique nationale. Or, selon Brad Callaghan, commissaire adjoint associé au Bureau de la concurrence, la situation actuelle exige une vigilance accrue : « Le contexte commercial avec les États-Unis nous place dans une situation où la concurrence au pays est plus importante que jamais. »
L’organisme de surveillance estime que l’accès au financement demeure l’un des principaux obstacles. Les nouveaux prêteurs ou les institutions de plus petite taille font face à des coûts d’emprunt plus élevés, et le secteur demeure largement dominé par les grandes banques. Callaghan observe que « certains indices montrent que les petites entreprises continuent de rencontrer des difficultés persistantes pour obtenir des conditions de financement concurrentielles ».
Du côté de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI), Corinne Pohlmann confirme que les PME sont soumises à une rigueur accrue lorsqu’elles demandent des prêts. La fermeture de succursales bancaires accentue le problème en réduisant les occasions d’interactions directes avec les conseillers. « Le coût d’un prêt a toujours été plus lourd pour les petites compagnies, car elles sont perçues comme plus risquées », souligne-t-elle.
Le ralentissement de l’économie combiné aux tensions commerciales et aux tarifs imposés par Washington accentue l’inquiétude des entrepreneurs. Pohlmann note que leur optimisme « est clairement en baisse » et que plusieurs vivent une situation fragile. David Gens, PDG et fondateur de Merchant Growth, abonde dans le même sens : « Pour beaucoup de petites entreprises, c’est une question de survie, semaine après semaine et mois après mois. » Son entreprise de financement alternatif tente de pallier ces difficultés en proposant des prêts rapides, parfois accessibles en quelques heures seulement.
L’étude du Bureau de la concurrence se concentrera surtout sur les prêts à terme. Les entreprises canadiennes sont invitées à donner leur avis sur le site de l’organisme jusqu’au 3 octobre. Les conclusions de l’analyse seront rendues publiques cet automne et pourraient déboucher sur des recommandations destinées au gouvernement, dans l’optique de renforcer la concurrence et d’améliorer l’accès au financement pour les PME.



