Prise d’otage syndicale par la STM : un homme forcé de marcher deux heures vers sa chimiothérapie

Lundi matin, les Montréalais ont vécu de plein fouet la première journée de débrayage à la Société de transport de Montréal (STM). Dans un reportage publié par Olivier Faucher pour le Journal de Montréal, on apprend que la suspension complète du métro et des autobus a forcé plusieurs usagers à rebrousser chemin, parfois au prix de lourds sacrifices. Le témoignage de Galae Abdelaki, 79 ans, en est l’illustration la plus frappante : souffrant d’un cancer colorectal et équipé d’une attelle au genou, il a dû marcher deux heures pour se rendre à sa chimiothérapie au CHUM après avoir manqué de justesse le dernier métro avant la fermeture du service【Journal de Montréal, Olivier Faucher, 22 septembre 2025】.

Une prise d’otage des usagers les plus vulnérables

« Ce n’est pas bon parce qu’on paie pour ça. Il faut qu’on ait ce service-là, qui est essentiel », a confié M. Abdelaki au Journal de Montréal. Son propos rejoint le sentiment largement partagé par la population : les transports collectifs ne sont pas un luxe, mais un service vital, surtout pour les personnes âgées, malades ou à faible revenu. Quand un patient en chimiothérapie est contraint de souffrir physiquement pour se rendre à un traitement vital, on n’est plus dans le simple « désagrément » syndical : c’est une véritable prise d’otage sociale.

Le reportage d’Olivier Faucher rapporte également que de nombreux usagers ont trouvé portes closes sans avoir été correctement informés des horaires de la grève. Cette imprévisibilité ajoute une dimension d’injustice : comment demander à des citoyens de réorganiser leur vie si l’information est fragmentaire et que la logique de confrontation syndicale prime sur le service au public ?

La répétition des grèves dans un secteur stratégique

Le conflit de la STM ne s’arrêtera pas à cette première journée : jusqu’au 5 octobre, les Montréalais devront composer avec des interruptions de service trois fois par semaine (lundi, mercredi et vendredi). Cela représente une perturbation chronique, imposée dans une métropole où des centaines de milliers de personnes dépendent quotidiennement des transports en commun.

Cette logique de pression, certes efficace pour les syndicats, frappe directement la population et pas seulement l’employeur. Dans d’autres secteurs stratégiques — santé, sécurité publique, énergie — de telles interruptions sont juridiquement impossibles. Pourquoi en irait-il autrement pour la mobilité urbaine, qui conditionne l’accès aux soins, au travail et à la vie économique ?

Faut-il classer les transports collectifs comme service essentiel ?

La question s’impose avec de plus en plus d’insistance : faut-il considérer les transports collectifs comme un service essentiel au même titre que la santé et la sécurité ? Le cas rapporté par le Journal de Montréal démontre que leur interruption peut compromettre la santé et la dignité de citoyens vulnérables.

Bien sûr, certains rétorqueront que restreindre le droit de grève affaiblit le pouvoir de négociation des travailleurs. Mais le prix social de ces arrêts — patients forcés de marcher des kilomètres, familles désorganisées, travailleurs retardés — n’est-il pas disproportionné ? L’argument du droit syndical ne peut indéfiniment primer sur celui de l’intérêt collectif.

L’expérience québécoise récente le démontre : dans l’éducation, la santé, les services sociaux, la multiplication des grèves a révélé à quel point certains syndicats utilisent le levier de la perturbation non pas pour équilibrer un rapport de force, mais pour accentuer la pression sur l’opinion publique. La STM s’ajoute désormais à cette liste.

Le drame personnel de Galae Abdelaki, mis en lumière par Olivier Faucher et le Journal de Montréal, n’est pas un cas isolé, mais le symbole de la vulnérabilité des usagers face aux stratégies syndicales. Il illustre à quel point l’arrêt des transports collectifs peut mettre des vies en danger.

Si les élus persistent à tolérer ce type de perturbation au nom du droit de grève, ils devront assumer les conséquences politiques et sociales : une population excédée, et de plus en plus convaincue que les transports en commun doivent rejoindre la liste des services essentiels. Car au-delà des revendications syndicales, c’est une question de dignité humaine et de justice sociale qui est posée.

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