• partager
Share on facebook
Share on twitter
Share on email

Prisonniers du dernier convoi de Catherine Kozminski : Pour comprendre les sacrifices de la Résistance française

Share on facebook
Share on twitter
Share on email
Share on reddit
Share on linkedin
Share on facebook
Share on twitter
Share on linkedin
Share on reddit
Share on email

Le hasard a voulu que je commence la lecture de Prisonniers du dernier convoi de Catherine Kozminski, récit romancé de la vie du résistant franco-polonais Ignace Kozminski, le 18 juin, jour du 80e anniversaire de l’Appel du Général de Gaulle. Appel qui, malheureusement, tend à se faire oublier, alors qu’on se complait dans une ignorance crasse de cette période charnière de notre Histoire. Pour un devoir de mémoire en bonne et due forme, lire Prisonniers du dernier convoi s’avère un must. Une histoire tragique, mais qui a nourri l’espoir de vaincre un fou furieux : Adolf Hitler.

Prisonniers du dernier convoi nous fait remonter le temps jusqu’en septembre 1940, plus précisément à la ferme Les Anges, propriété de la famille Gablowski, à Selles-Saint Denis (Loir et Cher). André Gablowski a fui la Pologne avec toute sa famille en raison des actions des bolchéviques. Les Gablowski sont voisins avec les Kozminski, dont le fils Ignace travaille pour eux, à la ferme. Sauf que ce dernier mène une double-vie : comme André, il est engagé dans la Résistance contre l’envahisseur nazi.

1940… La France a déclaré l’Armistice, entraînant ainsi l’occupation de la France par l’Allemagne nazie. Comme le chantait Renaud « ils étaient bien planqués à l’ombre et qu’y avait pas beaucoup d’Jean Moulin » (Hexagone, 1975). Le maréchal Pétain devient plus tard chef de « L’État français ». Tout est en place pour que commence le cha-cha-cha de la Collaboration pour faire accélérer la défaite des Britanniques. Heureusement, la Résistance s’organise et André Gablowski en fait partie.

Alors que M. Gablowski se lève la nuit pour récupérer de l’armement parachuté par les alliés, Ignace fait sauter des ponts avec d’autres résistants, et ce, au péril de sa vie, car les soldats allemands sont partout. C’est ça, l’Occupation. C’est ça, un régime totalitaire. Alors lorsqu’on se plaint « d’Allemagne de l’Estisation » du Québec en raison de l’obligation de porter un masque… Non mais tsé !

En même temps, l’amour cogne à la porte d’Ignace. En effet, lui et Elka, la fille d’André, semblent filer le parfait bonheur. Un mariage est même à l’horizon…

Malheureusement pour Ignace, le bonheur conjugal sera de courte durée puisqu’il se fera arrêter puis déporter dans un camp de concentration. À la fin de la guerre, sa famille et sa femme n’auront plus de nouvelles de lui. Que lui est-il arrivé ?

Tous seront affectés par sa disparition, à commencer par Elka, ensuite son fils Jean-Paul, qui a quitté la France pour faire sa vie au Canada, ainsi que ses petits-enfants Catherine et Alexandre qui ne l’ont jamais connu.

Comment parvenir à faire son deuil lorsqu’il n’y a pas de dépouille ? Encore faut-il qu’Ignace Kozminski soit réellement mort. L’est-il vraiment ? Oui ? Non ? Les dossiers des camps de concentration gardés secrets par l’ex-RDA jetteront toute la lumière — ou pas — sur ce dossier.

Le livre-récit fort émouvant de Catherine Kozminski parle du sacrifice parfois nécessaire pour arrêter la course des pires atrocités. André Kozminski, comme plusieurs autres résistants et résistantes (n’oublions pas le rôle des femmes dans cette guerre pour la liberté), ne pouvait laisser la menace nationale-socialiste faire fi de la démocratie. Encore moins Ignace qui avait choisi les actions directes. Les Kozminski et les Gablowski avaient choisi la France pour refaire leur vie, après avoir été chassés de la Pologne par une dictature, le bolchévisme. Il ne fallait pas en laisser une autre, le nazisme celle-là, venir leur voler la France et leurs rêves !

Il faut tout lire, y compris l’avant-propos et le mot de la fin de Jean-Paul Kozminski, père de Catherine, un type d’une très grande humanité. « Chaque génération porte ses soucis et a le devoir de s’adapter. Sur le chemin de la vie, on peut croiser aussi la noblesse des sentiments que la bassesse. Même si souvent les forces du Mal semblent supplanter celles de l’esprit, de la morale, de l’éthique, il ne faut surtout jamais perdre espoir ».

KOZMINSKI, Catherine : Prisonniers du dernier convoi
Presses du Méridien, 135 pages

22.95 $

Share on facebook
Facebook
Share on twitter
Twitter
Share on linkedin
LinkedIn
Share on reddit
Reddit
Share on email
Email

Les nouvelles à ne pas manquer cette semaine

  • Vous aimeriez aussi
  • Nouvelles semblables
  • Autres articles de Patrice Saucier

Blogue poésie – Pour saluer Filippo Salvatore

La poésie en pleine pandémie est un remède. Un service essentiel. Cela peut apaiser bien des âmes qui évoluent dans un climat étouffant en raison du confinement. Bien entendu, si l’on se réfugie dans Les Fleurs du mal ou Une Saison en Enfer, on est mal barré !