Dans une tribune parue le 8 octobre dans le National Post, Anthony Furey réagit à la sortie d’Olivia Chow, mairesse de Toronto, qui a récemment menacé d’augmenter de 2 % supplémentaires les taxes foncières si Ottawa ne verse pas plus d’argent pour couvrir les coûts liés aux demandeurs d’asile. Pour Furey, cette menace de hausse traduit une logique injuste : « ce n’est pas aux contribuables de payer pour un problème qu’ils n’ont pas créé », résume-t-il.
L’auteur rappelle que les demandeurs d’asile représentent désormais près de la moitié de la population des refuges torontois, une situation qui, selon lui, a contribué à écarter les sans-abri locaux du réseau d’hébergement. Il estime que la Ville ne devrait pas se contenter de réclamer des fonds à Ottawa, mais revoir ses propres politiques. À ses yeux, l’une d’entre elles aggrave la crise : la politique dite de ville sanctuaire, instaurée en 2013, qui permet aux personnes sans statut légal d’accéder à la plupart des services municipaux.
Furey souligne que cette mesure, adoptée sans véritable débat public, semblait alors empreinte d’humanité : il s’agissait d’éviter qu’une personne en attente de régularisation ne soit privée de soins ou d’aide sociale. Mais, avance-t-il, le contexte a profondément changé. Depuis 2017, les passages irréguliers à la frontière ont bondi, gonflant les arrivées à Toronto, Montréal et Niagara Falls. L’auteur estime qu’un message politique ambigu — notamment le fameux tweet « #WelcomeToCanada » publié par Justin Trudeau — a nourri cette perception d’un pays sans frontières.
Pour Furey, le symbole même de la « ville sanctuaire » entretient cette confusion. Il trouve aberrant qu’on tienne chaque année à Toronto une « Journée des résidents sans papiers », célébrant, selon lui, l’illégalité au lieu d’encourager le respect des règles. Il ne nie pas la nécessité d’offrir des services d’urgence à toute personne en détresse, mais plaide pour une distinction claire entre compassion et permissivité.
L’auteur rappelle également un point souvent ignoré : les demandeurs d’asile ne sont pas encore des réfugiés reconnus. Selon les données fédérales, environ la moitié des demandes sont rejetées, ce qui signifie qu’un grand nombre de personnes finiront par recevoir un ordre de renvoi après des mois, voire des années, passés dans des refuges surchargés. D’où, selon lui, l’importance de cesser de brouiller les messages et de traiter de la même façon des situations juridiques très différentes.
Furey conclut que la solution ne se trouve ni dans un nouveau prélèvement fiscal ni dans une politique municipale symbolique, mais dans une coordination réelle entre Ottawa et la Ville. Le premier ministre Mark Carney et la mairesse Chow, écrit-il, devraient s’attaquer ensemble à la question de capacité des refuges — sans refiler la facture aux propriétaires torontois.



