Le Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG) a procédé, les 21 et 22 mai derniers, à l’arrestation de quatre hommes relativement à des infractions sexuelles alléguées commises sur des jeunes filles âgées de 12 à 18 ans. Les enquêteurs craignent toutefois que d’autres victimes n’aient pas encore dénoncé les faits.
Selon les informations rapportées par Radio-Canada, les suspects sont Mohamed Doulde Sow, 28 ans, Emmanuel Lokota-Sangwa, 31 ans, Jonathan Muanda-Kuika, 30 ans, et Kouame Samuel Levi Minomekpo, 29 ans, tous résidents de Gatineau.
Mohamed Doulde Sow, Jonathan Muanda-Kuika et Emmanuel Lokota-Sangwa ont été arrêtés le 21 mai. Ils font face à plusieurs accusations, notamment d’agression sexuelle, de contacts sexuels, d’incitation à des contacts sexuels ainsi que d’administration d’une drogue ou d’une substance intoxicante.
Le lendemain, Kouame Samuel Levi Minomekpo a été arrêté à son tour. Comme le rapporte Le Droit, il est notamment accusé d’agression sexuelle avec la participation d’une autre personne, en plus d’avoir administré ou tenté d’administrer une substance intoxicante.
Les infractions alléguées se seraient déroulées entre la fin de l’année 2024 et le 22 mai 2026 dans une résidence du chemin de la Savane, dans le secteur de Gatineau.
Le Journal de Montréal rapporte que les suspects auraient ciblé des adolescents via Snapchat ainsi que dans des centres commerciaux avant de leur offrir un hébergement temporaire. Selon les informations du SPVG, des substances intoxicantes auraient ensuite été administrées aux victimes présumées.
Les autorités policières estiment maintenant possible que d’autres jeunes aient été ciblés sans avoir encore porté plainte. « On veut les rassurer et les écouter. Puis, les enquêteurs vont discuter avec eux », a indiqué l’agente relationniste Maude Laverdière à l’Agence QMI.
Les quatre hommes demeurent détenus en attendant la suite des procédures judiciaires. Comme le rappelle Le Droit, les accusations n’ont pas encore été prouvées devant les tribunaux.
Cette affaire relance également les inquiétudes entourant les phénomènes de prédation sexuelle organisés visant des mineures vulnérables via les réseaux sociaux. En Angleterre, le scandale des « grooming gangs » — ces réseaux d’exploitation sexuelle ayant ciblé pendant des années de jeunes adolescentes dans plusieurs villes britanniques — continue de provoquer de vifs débats sur les échecs institutionnels, l’inaction des autorités et la difficulté pour certaines victimes d’être entendues.
Sans établir de parallèle direct entre les situations, plusieurs observateurs estiment néanmoins qu’il demeure essentiel de prendre rapidement au sérieux ce type d’affaires afin d’éviter qu’un climat de peur, de silence ou de complaisance institutionnelle ne permette à des réseaux semblables de prospérer pendant des années.



