• partager
Share on facebook
Share on twitter
Share on email

Qu’est-ce que la « vraie » démocratie ?

Share on facebook
Share on twitter
Share on email
La démocratie est un concept qui est souvent utilisé dans le cadre de discussions politiques et philosophiques. Officiellement, toutes les nations de la Terre sont démocratiques, du moins selon leur propre gouvernement.
Share on facebook
Share on twitter
Share on linkedin
Share on reddit
Share on email

La démocratie est un concept qui est souvent utilisé dans le cadre de discussions politiques et philosophiques. Officiellement, toutes les nations de la Terre sont démocratiques, du moins selon leur propre gouvernement. D’un autre côté, même les pays répondant aux plus strictes normes démocratiques peuvent essuyer des critiques sur leur vision de la démocratie. On n’a qu’à penser au débat sur le mode de scrutin au Canada. Mais comment définir la démocratie ? Beaucoup diront que la démocratie, c’est le fait d’élire ses dirigeants tous les quatre ou cinq ans. Et si les élections n’étaient pas ce qui fait la démocratie, mais bel et bien une manière d’atteindre la démocratie ?

« Le terme démocratie combinaison de dêmos, “territoire” (de déiste, “partager”) puis “peuple” (en tant qu’ensemble de tous les citoyens de la cité), et kratein (“commander”). »* ainsi, selon sa définition étymologique, la démocratie, c’est le peuple aux commandes. Delà, il faut se demander comment donner le pouvoir au peuple. Si les élections représentent évidemment une partie majeure de la solution, elles ne peuvent pas tout régler. Si les partis politiques sont centrés sur leurs propres intérêts, le peuple n’a pas le pouvoir, n’ayant pas l’offre politique lui permettant de faire avancer ses intérêts. De plus, si l’élection dispose d’une offre politique riche quoique les moyens de campagne soient inégaux, par exemple si les médias appuient massivement le parti au pouvoir, le changement ne pourra pas survenir. La vérité, c’est qu’aucune élection, même la plus libre et la plus équitable, ne peut donner à elle seule le pouvoir au peuple. Prenons l’exemple des États-Unis. Le peuple n’y est clairement pas au pouvoir malgré la tenue d’élections libres régulières. Ce pays est encore régi sous un régime économique digne du 19e siècle où les syndicats ont une présence digne d’un pays se relevant d’une dictature militaire sud-américaine et où les soins de santé sont réservés pour ceux qui en ont les moyens. Toutefois, il faut aussi se demander qui peut donner le pouvoir au peuple si un simple scrutin ne peut pas le faire. La réponse simple, c’est que seul le dirigeant du pays peut, par sa politique, donner le pouvoir au peuple.

Le pouvoir du peuple existe quand son dirigeant est capable de prendre des décisions courageuses pour faire en sorte que les intérêts, les mœurs et l’identité du peuple soient ceux défendus par la politique du gouvernement. Prenons l’ex-président égyptien Gamal Abdel Nasser. Il ne respectait pas la démocratie telle qu’on l’entend en Occident, mais tout le peuple égyptien lui est aujourd’hui reconnaissant. À sa mort, même ses plus farouches opposants jugèrent qu’il laissait la nation « orpheline » et ses funérailles sont les plus grandes qu’a connues le monde musulman ; voire le monde tout court. Avant qu’on vienne me dire que c’était la police politique qui forçait le peuple à le soutenir, je rappelle qu’après la guerre des Six Jours, Nasser a démissionné, mais il est ultimement resté au pouvoir face à la pression populaire écrasante d’un peuple qui avait pris les rues face à une police politique désemparée. Certains demanderont pourquoi un « dictateur » pouvait être si respecté. Je répondrais que c’est parce qu’il donnait l’image d’un homme simple, parce qu’il a restauré l’indépendance de son pays et parce qu’il a mis en place une politique qui s’assurait que les intérêts économiques du peuple puissent être respectés. C’est, en quelque sorte, le René Lévesque égyptien, surtout quand on réalise les risques qu’il a pris pour nationaliser le canal de Suez. Ainsi, le simple fait qu’il n’y avait pas d’élections libres le rend-il moins bon qu’un dirigeant élu selon les pratiques démocratiques occidentales qui n’a probablement même pas fait le huitième de ses accomplissements ? Certains me diront que rien ne peut justifier la violation de la démocratie. Je leur répondrais en leur demandant de parler à des Français. Leurs dirigeants préférés ne sont pas des présidents sans envergure comme François Hollande ou Nicolas Sarkozy, mais bien des grands dirigeants comme Napoléon, Charles de Gaulle ou Charlemagne. Ils sont arrivés au pouvoir par des coups de force voire par droit divin, mais ils ont défendu les intérêts de la France jusqu’au bout.

«..la démocratie ne s’accomplit pas juste en glissant un bulletin dans l’urne. »

Benoit Khézami

Bref, j’ai écrit ce texte pour essayer de faire réaliser que la démocratie ne s’accomplit pas juste en glissant un bulletin dans l’urne. C’est bien plus que ça puisque ça vient de la volonté d’un dirigeant d’agir pour la nation. Quand la démocratie est sous la pression de régimes autoritaires de plus en plus sophistiquée et ayant de plus en plus de momentum, il faut être lucide. Dans le monde d’aujourd’hui, pour une démocratie, les résultats sont non négociables. L’époque où près n’importe quoi en disant « On a été élu » relève de l’histoire, désormais nos démocraties doivent apprendre à répondre aux besoins économiques et identitaires de la population, sinon, l’appel des régimes autoritaires toujours plus en vogue dans le monde pourrait être entendu.

Share on facebook
Facebook
Share on twitter
Twitter
Share on linkedin
LinkedIn
Share on reddit
Reddit
Share on email
Email

Les nouvelles à ne pas manquer cette semaine

  • Vous aimeriez aussi
  • Nouvelles semblables
  • Autres articles de Benoit Khézami

C’est fait, Joe Biden est président !

C’est après un long suspense sur la volonté de Trump de quitter le pouvoir que finalement Biden a réussi à être reconnu président-élu par Donald Trump et à être inauguré le 20 janvier.

PSPP chef du Parti Québéçois : rien ne changera

Paul St-Pierre Plamondon est le nouveau chef péquiste. Il a fait sa campagne sur une ligne sociale-démocrate et nationaliste, essayant d’aller chercher ce qui composait jadis la coalition gagnante du Parti Québécois, un mélange qui, aujourd’hui, inclurait des gens comme François Legault et Manon Massé dans la même équipe.

L’histoire n’est pas une série policière

Une société saine ne peut pas faire de son histoire une série de crimes à expier. Toutes les sociétés saines tirent des leçons de leurs histoires, notamment afin d’éviter de répéter les erreurs du passé.