REM : reprise partielle après six semaines d’arrêt, mais un historique qui mine la confiance

Après six semaines d’arrêt complet, le Réseau express métropolitain (REM) reprend du service ce lundi 18 août… du moins sur papier. Comme le rapporte Joe Lofaro pour CTV News, l’opérateur Groupe PMM (Alstom et AtkinsRéalis, ex-SNC-Lavalin) affirme que cette fermeture estivale servait à tester les futures extensions vers l’Ouest-de-l’Île et la Rive-Nord, et à finaliser des procédures de sécurité. Mais difficile pour bien des usagers de voir dans cette explication autre chose qu’un nouvel épisode d’une longue série d’interruptions et de ratés qui entachent la crédibilité du projet depuis son inauguration en 2023.

Un palmarès d’interruptions qui dépasse la simple « phase de rodage »

Dès son premier jour de service, en juillet 2023, le REM a subi une panne d’aiguillage paralysant le réseau pendant plus d’une heure en pleine heure de pointe. À peine quelques jours plus tard, une nouvelle interruption forçait le recours à des autobus de remplacement. En janvier 2024, on comptait quatre pannes majeures en quatre jours, au point où le ministre des Transports avait dû intervenir publiquement. En février 2025, après deux tempêtes de neige, les aiguillages gelaient malgré les promesses de résistance technique, entraînant retards, ralentissements et gratuité forcée du service pendant une semaine. La même période a aussi vu une coupure de courant de plus de trois heures en heure de pointe, laissant des passagers bloqués et sans solution claire.

À ces incidents imprévus s’ajoutent des fermetures planifiées, comme celle de l’été 2025 : un mois et demi sans service, suivi de trois week-ends complets de fermeture (23–24 août, 30–31 août et 6–7 septembre). Même la reprise du 18 août se fera avec des horaires restreints en soirée, les derniers trains partant dès 20 h 40 de la Gare Centrale.

Usagers à bout de patience

Comme le souligne CTV News, la gratuité du REM et de certaines navettes reste en vigueur jusqu’au 31 août pour compenser la fermeture. Mais la patience des usagers est déjà bien entamée. Plusieurs se rappellent encore le 11 juin 2025, lorsque des pannes électriques ont immobilisé les trains entre Panama et la Gare Centrale, forçant certains à arriver au travail avec près de deux heures de retard et à payer de leur poche un transport alternatif. Ces expériences, répétées, alimentent la perception d’un réseau qui ne tient pas ses promesses, malgré le prix payé et les ambitions affichées.

Expansion et scepticisme

Officiellement, la fermeture estivale prépare l’ouverture prochaine des antennes vers Deux-Montagnes et Anse-à-l’Orme, toujours prévue pour l’automne. Michelle Lamarche, porte-parole de CDPQ Infra, assure que les tests à haute fréquence progressent et qu’un « dry run » précédera la mise en service. Mais cette perspective d’expansion, alors que la ligne actuelle peine à offrir un service fiable plus d’un an après son ouverture, suscite scepticisme et inquiétude : si le REM n’est pas capable d’assurer un service stable sur un tronçon unique, comment croire qu’il y parviendra sur un réseau élargi ?

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