Rétrospective de la scène mondiale en 2025 avec Jean-François Caron

Québec Nouvelles s’est entretenu avec l’expert en politique étrangère Jean-François Caron afin de faire une rétrospective des événements qui ont dominé la scène mondiale en 2025.

Entretien

Simon Leduc : Comment s’est déroulée la guerre en Ukraine cette année?

Jean-François Caron : «Tout d’abord, en 2024, les Russes ont conquis 4200 kilomètres carrés du territoire ukrainien comparativement à 6000 cette année. Ce n’est pas un gain territorial d’envergure pour la Russie. On peut observer un important essoufflement de l’armée ukrainienne. Elle a perdu des centres névralgiques comme Pokrovsk. Alors, ce n’est pas de bon augure pour l’Ukraine à l’aube de 2026. Les soldats russes vont probablement continuer de conquérir de nouveaux territoires.

D’autre part, les médias ont publié des articles qui démontrent le caractère corrompu du régime ukrainien. C’est de plus en plus difficile pour les gens de soutenir un pays gangrené par la corruption. L’Ukraine est un État mafieux et il a détourné des fonds, provenant de l’aide internationale depuis février 2022, par le billet de proches de Zelensky.  Donc, on a pu constater un effritement du soutien à l’Ukraine à travers le monde en 2025.

Ce sont les deux éléments qui ont retenu mon attention. La Russie a clairement le momentum et cela peut expliquer l’absence d’accord de paix. Les Russes n’ont pas intérêt à mettre un terme au conflit, car ils font des gains territoriaux. Alors, on peut s’attendre à la poursuite de la guerre en 2026 et la Russie va continuer sa domination sur le champ de bataille.

J’estime que cela risque de prendre du temps avant la signature d’un accord de paix entre les deux belligérants. Jocelyn Coulon avait fait le calcul suivant à l’époque. L’accord de paix, qui a mis fin à la guerre du Vietnam, fut signé en 1973 et les négociations avaient débuté en 1968. Cela a pris cinq ans de pourparlers avant d’en arriver à un accommodement.

Cela fait moins d’un an que l’Ukraine et la Russie discutent et on est loin d’une entente de principe. Les Ukrainiens ne veulent pas céder du territoire et les Russes désirent continuer les combats, car ils sont en position de force.

Pour conclure, il y aura des discussions sérieuses quand les deux protagonistes seront essoufflés. Alors, je ne pense pas que cela va arriver en 2026.»

Quel bilan faites-vous de la première année de pouvoir de Donald Trump à la Maison-Blanche?

Jean-François Caron : «Tout d’abord, je dois donner une bonne note au président Trump sur la scène internationale. Il a fait beaucoup d’efforts pour mettre fin au conflit en Ukraine. Cela n’a pas fonctionné, mais on ne peut pas lui reprocher ses actions pour la paix.  

C’est lui qui est à l’origine de l’accord de paix entre les Israéliens et les terroristes du Hamas. Cela a mis fin à deux ans de guerre sanglante. Trump s’est aussi interposé pour accélérer des règlements de combat comme le conflit frontalier entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan. En août dernier, le premier ministre arménien et le président de l’Azerbaïdjan se sont rencontrés à la Maison-Blanche. Ces derniers se sont entendus sur le début d’un éventuel accord de paix mettrait un terme à un conflit qui dure depuis trente ans. Alors, Donald Trump a un bilan positif sur la scène mondiale, car il a fait des efforts qui ont mené à la paix dans le monde.

D’autre part, il s’est vraiment concentré sur les questions internationales et cela a eu un effet négatif sur son bilan en politique intérieure.

En 2025, on a pu observer des dissensions à l’intérieur du Parti républicain. Par exemple, Marjorie Taylor Greene a toujours soutenu le président Trump. Mais, elle a décidé de quitter le Grand Old Party et va abandonner son siège au Congrès américain en janvier prochain. Cette dernière a critiqué le président Trump dans sa gestion du dossier Epstein. Il avait promis de rendre public la liste des noms et il ne l’a pas fait. Mme Taylor Greene était une figure de proue du mouvement MAGA et elle a tourné le dos à Trump cette année.

Il y a aussi Tucker Carlson qui a attaqué le président républicain sur sa gestion de l’économie. Carlson estime que Trump n’a pas livré la marchandise dans ce domaine.

Je crois que Donald Trump est en train de commettre l’erreur de Georges Bush père en 1992. Ce dernier a fait campagne sur son bon bilan en matière de politique étrangère. Or à cette époque, l’enjeu le plus important pour les électeurs américains était l’économie.  Bill Clinton a centré sa campagne là-dessus et il a été élu président en novembre 1992. Si Trump continue de négliger l’économie, le Parti républicain pourrait perdre la majorité des deux chambres du Congrès lors des élections de mi-mandat de novembre 2026. Si ce scénario se concrétise, Trump deviendra un canard boiteux et cela entacherait son héritage politique.»

Est-ce que l’Occident a pratiqué une certaine censure en 2025?

Jean-François Caron : «Charlie Kirk avait un discours qui allait à l’encontre de celui de la gauche bien pensante. Un individu détestait les points de vue de cette figure de proue de la droite américaine. M. Kirk l’a payé de sa vie. La liberté d’expression n’existe plus quand on est un dissident politique qui ose remettre en question l’ordre établi.

L’Union européenne a aussi pratiqué la censure contre ses opposants politiques. Par exemple, cette instance internationale a puni (le 15 décembre) Xavier Moreau et Jacques Baud qui font des analyses sur la guerre en Ukraine. Ces derniers ont été sanctionnés par la Commission européenne. Elle pense que ceux-ci sont des agents russes. Les punitions sont les suivantes : l’interdiction de séjourner et de transiter dans l’UN, le gel des avoirs et proscription à toute compagnie, inscrite dans l’UN, de faire affaire avec ces deux personnes. M. Moreau et Baud ont été sanctionnés sans procès, sans preuves et sans procédure d’appel. Les instances de l’UN accusent ces derniers d’être des propagandistes du Kremlin. C’est la preuve du triomphe de la dictature technocratique des NPC. Ces deux personnes ont perdu leurs droits fondamentaux parce qu’ils avaient une opinion contraire à la bien pensante Union européenne.

Pour conclure, en 2025, la violence politique et la censure ont émané de la gauche et il faut le condamner haut et fort. L’esprit démocratique s’est effrité dans le monde occidental et cela va se poursuivre en 2026. Est-ce que le Canada va agir de la même manière que l’Union européenne contre ceux qui sont pro-russes? On peut se poser la question étant donné la proximité idéologique entre le premier ministre du Canada et les instances bureaucratiques européennes. Mark Carney est plus européiste que Canadien. C’est à suivre en 2026.»

Facebook
Twitter
LinkedIn
Reddit
Email

Les nouvelles à ne pas manquer cette semaine