Une nouvelle comédie musicale new-yorkaise fait scandale pour avoir réimaginé Anne Frank sous les traits d’une Latina pansexuelle cachée avec sa famille neurodivergente et un amoureux non binaire. L’article d’Alexa Cimino, publié par le Daily Mail le 17 octobre 2025, rapporte que cette production intitulée Slam Frank enflamme les milieux culturels et communautaires, certains y voyant une satire audacieuse, d’autres une profanation historique.
Le spectacle, conçu par le compositeur juif Andrew Fox, est né d’une parodie virale sur Instagram dans laquelle il plaisantait à l’idée de créer une version « inclusive » de l’histoire d’Anne Frank pour « que les filles Latinx se sentent incluses dans l’Holocauste ». Le succès de la vidéo a poussé Fox à en faire une pièce complète : une mise en abyme où une troupe de théâtre fictive tente de « décoloniser » le récit d’Anne Frank à travers la comédie musicale.
Dans Slam Frank, les personnages redéfinissent leurs identités à travers des numéros chantés où les étoiles jaunes sont remplacées par des épinglettes de pronoms et où les figures historiques dialoguent avec des ancêtres morts lors de traversées de frontières. Le tout s’inspire du style de Hamilton, mais avec un ton ouvertement satirique, destiné à ridiculiser le militantisme performatif et les excès du discours identitaire contemporain.
Malgré un budget de promotion de moins de 60 dollars, Slam Frank affiche complet pour la majorité de ses 34 représentations au théâtre AsylumNYC, qui compte 150 places. Certains spectateurs saluent une satire corrosive rappelant The Book of Mormon pour son audace à bousculer les tabous, tandis que d’autres dénoncent une insulte à la mémoire des victimes de la Shoah.
La réaction la plus virulente est venue d’une pétition lancée par Joy Rosenthal, réclamant l’annulation immédiate du spectacle. Le texte accuse Slam Frank de « banaliser la mort d’Anne Frank, l’un des témoignages les plus sacrés des atrocités commises contre le peuple juif ». Rosenthal y dénonce une œuvre « profondément offensante », transformant « une tragédie humaine en spectacle » et risquant de « désensibiliser le public à l’horreur de l’Holocauste ».
Interrogé par le Daily Mail, Andrew Fox se montre sarcastique face à la controverse : « Mis à part l’effet dévastateur de cette vague de critiques sur ma santé mentale — je souffre d’un trouble de sensibilité au rejet —, les pétitions ont été très mauvaises pour nos ventes. » Il ajoute, ironique : « Nous demandons un peu d’intimité pour pouvoir faire notre deuil avec notre famille choisie. Nous espérons que les haters sont contents. »
Malgré les appels à la censure, le spectacle continue d’attirer la curiosité du public, partagé entre indignation morale et fascination artistique. Sa dernière représentation est prévue le 26 octobre, après un mois d’une tournée urbaine aussi controversée que lucrative.



