Sondage : 72 % des Canadiens jugent les pipelines cruciaux pour l’avenir économique

Près des trois quarts des Canadiens estiment que les pipelines sont essentiels à l’avenir économique du pays, selon un sondage publié par le National Post et signé par Aidan Kallioinen. Réalisée par la firme Léger auprès de plus de 4 000 adultes, l’enquête révèle également que 49 % des répondants appuient le projet de Danielle Smith, première ministre de l’Alberta, visant à construire un nouvel oléoduc reliant la province à la côte nord-ouest de la C–olombie-Britannique afin d’ouvrir le marché asiatique au pétrole canadien.

Annoncé au début d’octobre, le projet, pour lequel Edmonton investit 14 millions de dollars dans les études préliminaires et les démarches réglementaires, pourrait être confié à une entreprise privée. Il relance toutefois les tensions entre l’Alberta et la Colombie-Britannique, deux provinces historiquement divisées sur les questions énergétiques.

Malgré ces différends politiques, le sondage indique un large consensus sur l’importance économique du secteur. Soixante-douze pour cent des Canadiens jugent que les pipelines sont « importants pour l’avenir économique du pays », et 55 % se disent confiants qu’ils peuvent être construits tout en protégeant l’environnement. Interrogés sur leurs priorités, 45 % souhaitent « un équilibre entre le développement énergétique et les objectifs climatiques ».

« Les Canadiens ne voient pas la question comme un choix absolu entre économie et environnement », explique Jennifer McLeod Macey, vice-présidente principale des affaires publiques chez Léger. « Ils veulent faire croître l’économie tout en protégeant la planète. »

Les opinions restent toutefois très régionales. Le soutien au développement des pipelines atteint 63 % en Alberta, mais chute à 41 % au Québec. « Cela illustre à quel point le débat reste profondément ancré dans les identités régionales », note Macey.

Les écarts sont également marqués selon le genre et l’âge : 58 % des hommes soutiennent le projet contre 40 % des femmes, et la proportion grimpe à 56 % chez les 55 ans et plus, contre seulement 40 % chez les 18-34 ans. Macey y voit un signe d’évolution générationnelle : « Ce n’est plus un débat entre l’environnement et l’économie. Les deux sont désormais liés, et les jeunes Canadiens ont une vision plus intégrée du développement durable. »

Le contexte international semble aussi influencer l’opinion publique. En pleine guerre commerciale entre le Canada et les États-Unis, les répondants expriment une inquiétude croissante quant à la sécurité énergétique et au coût de la vie. « Les Canadiens veulent des solutions à la fois pratiques et cohérentes », conclut Macey. « Ils ne cherchent pas les extrêmes, mais un juste milieu entre progrès énergétique et responsabilité environnementale. »

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