Selon un sondage Pallas Data réalisé pour L’Actualité et Qc125, le Parti conservateur du Québec (PCQ) d’Éric Duhaime se retrouve pour la première fois devant la Coalition avenir Québec (CAQ) dans les intentions de vote. Le PCQ atteint 15 % des appuis, alors que la formation de François Legault, désormais quatrième au classement, tombe à 11 %.
Cette percée, bien que modeste, marque un tournant politique : elle illustre la chute vertigineuse de la CAQ et la poussée continue du PCQ. Pour Éric Duhaime, reçu en studio par Patrick Lagacé au micro du 98.5 fm, ce résultat demeure un baume après sa défaite récente dans l’élection partielle d’Arthabaska.
Un résultat « phénoménal » pour un parti sans député
En entrevue avec Patrick Lagacé, Éric Duhaime a insisté sur la dimension historique du moment :
« C’est la première fois de l’histoire du Parti conservateur qu’on passe devant la CAQ. […] Même sans député à l’Assemblée nationale et avec seulement 1 % de la visibilité des autres partis, le simple fait qu’on ferait un meilleur score qu’aux dernières élections est un exploit incroyable. »
Le chef conservateur a reconnu que le gain n’était pas lié à une montée en flèche de ses appuis, mais à l’effondrement de la CAQ. Il y voit néanmoins une occasion de crédibiliser son parti :
« Nos idées progressent de façon importante au Québec. Si on veut changer de modèle, ce sont les conservateurs qui offrent ce nouveau modèle. »
Les « idées conservatrices » et l’accusation de trahison de Legault
Éric Duhaime a profité de sa présence au 98.5 fm pour réitérer ses propositions phares : réduction de 20 000 postes dans la fonction publique, abolition progressive des subventions aux entreprises et retour à l’équilibre budgétaire. Il a attaqué directement François Legault, qu’il accuse d’avoir renié ses engagements :
« Pendant sept ans, il a fait le contraire de ce qu’il avait promis. Il a clignoté à droite pour se faire élire, puis il a tourné à gauche. »
Le chef conservateur a aussi ciblé les controverses autour de Northvolt et Lion Électrique, affirmant que les scandales liés aux subventions étaient le résultat d’un État qui « choisit ses gagnants et ses perdants ».
Essence, taxes et climat : un contraste assumé
Sur la question du coût de l’essence, Éric Duhaime a rappelé ses engagements de campagne : couper de moitié la taxe provinciale sur le carburant et retirer le Québec du marché du carbone. Selon lui, ces mesures permettraient de ramener le litre d’essence à Montréal au niveau ontarien, soit « une vingtaine de sous de moins ».
Quant au climat, il a tenu des propos tranchés :
« Si vous voulez que le Québec soit le champion mondial en matière de climat, ne votez pas conservateur. »
Duhaime affirme que la lutte climatique relève avant tout de l’innovation technologique, non des gouvernements.
Il a par ailleurs défendu le slogan controversé « My car, my choice », comparé au mot d’ordre du mouvement pro-choix :
« C’était une bonne idée, parce qu’aujourd’hui, regardez : le fédéral a reculé, le Québec commence à reculer. Même en Ontario, les conservateurs ont repris le slogan. »
Une stratégie tournée vers 2026
Alors qu’une partielle se prépare à Chicoutimi, Éric Duhaime a confirmé qu’il n’y présenterait pas de candidat, jugeant le calendrier trop proche des prochaines élections générales. Interrogé sur sa propre candidature, il a répondu avec prudence :
« Ce n’est pas décidé encore. Notre priorité, c’est de faire connaître nos idées, trouver 125 candidats et préparer notre plateforme. »
Si le PCQ n’obtenait pas de sièges en 2026, Duhaime a reconnu que son avenir politique pourrait être compromis :
« Ça pourrait ressembler à ça. Mais en politique, ce sont les gens qui décident combien de temps on reste en poste. »
Un jalon symbolique dans un paysage en mutation
Le sondage Pallas Data marque une étape symbolique pour le PCQ. Comme le souligne L’Actualité, il met en lumière l’érosion spectaculaire du soutien à François Legault et la recomposition en cours du paysage politique québécois.
Reste à savoir si Éric Duhaime pourra transformer ce « baume » en véritable percée électorale. Mais une chose est claire : pour la première fois, le Parti conservateur du Québec n’est plus une simple force protestataire, mais un acteur que même ses adversaires commencent à prendre au sérieux.



