D’après un article d’Olivia Empson publié dans The Guardian le 13 juillet 2025
Un an jour pour jour après la tentative d’assassinat contre Donald Trump lors d’un rassemblement à Butler, en Pennsylvanie, un rapport du Sénat américain fustige sévèrement le Secret Service. Dans un document de 31 pages, la commission sénatoriale sur la sécurité intérieure et les affaires gouvernementales dénonce une « cascade de défaillances évitables » et réclame des sanctions disciplinaires plus sévères à l’encontre des responsables.
L’auteure de l’article, Olivia Empson, rapporte que la commission, présidée par le sénateur républicain Rand Paul du Kentucky, a mené 17 entretiens avec des membres du Secret Service et épluché des milliers de documents avant de livrer ses conclusions. Le rapport révèle notamment que l’agence a rejeté ou ignoré plusieurs demandes d’effectifs et de ressources supplémentaires, malgré la reconnaissance de failles de sécurité importantes sur les lieux de l’événement.
« Ce qui s’est passé est inexcusable », écrit la commission, qui insiste sur le caractère insuffisant des mesures disciplinaires prises jusqu’ici. Elle souligne notamment qu’« aucun individu n’a été congédié » malgré les manquements graves ayant permis au tireur de s’approcher dangereusement de l’ancien président.
Le 13 juillet 2024, Thomas Matthew Crooks, un aide-soignant de 20 ans originaire de Pennsylvanie, a grimpé sur un bâtiment surplombant le rassemblement de campagne de Donald Trump. Armé d’un fusil de type AR-015, il a ouvert le feu, tuant un participant, Corey Comperatore, et blessant légèrement Trump à l’oreille. Crooks a finalement été abattu par un agent du Secret Service.
Olivia Empson rappelle que l’image de Trump, levant le poing ensanglanté dans un geste de défi juste après l’attentat, est devenue un symbole politique puissant. Ce moment a contribué à accélérer la sortie de Joe Biden de la course présidentielle, tout en rassemblant une partie de l’électorat autour de Trump dans un élan de solidarité et de détermination.
Le rapport indique que l’agent chargé de coordonner la sécurité le jour de l’événement manquait d’expérience et n’a pas su anticiper les risques. Par ailleurs, le tireur a pu rester non détecté pendant 45 minutes, selon la commission.
Depuis l’attentat, six agents du Secret Service ont été suspendus sans salaire pour des périodes allant de 10 à 42 jours. L’agence, pour sa part, défend sa gestion de la crise. Le directeur adjoint du Secret Service, Matt Quinn, a déclaré à CBS News qu’il ne comptait pas « régler cette crise à coups de licenciements ».
Aucune information nouvelle n’a été révélée quant aux motivations de Crooks, qui demeurent floues un an après l’attaque.



