L’article de Joel Guinto publié par BBC News rapporte que les autorités sud-coréennes de l’île de Jeju ont décidé d’imposer pour la première fois des consignes écrites de bonne conduite à l’intention des touristes étrangers. Ces directives, traduites en coréen, en anglais et en chinois, sont le fruit de plaintes répétées des habitants concernant des comportements jugés irrespectueux, tels que des déchets abandonnés sur la voie publique ou des enfants laissés à déféquer dans la rue.
Joel Guinto explique que le document, diffusé par l’Agence de police de Jeju, vise à « prévenir les malentendus liés aux différences linguistiques et culturelles et à améliorer la compréhension des étrangers vis-à-vis de la culture et des lois coréennes », selon les propos de son directeur, Kim Su-young. Huit mille exemplaires de ce guide seront distribués dès la haute saison estivale, période où l’île connaît un afflux massif de visiteurs.
La liste des « infractions mineures » passibles d’amende comprend notamment le fait de fumer dans les zones interdites, de jeter des détritus, de traverser en dehors des passages piétons, de se livrer à des comportements ivres et désordonnés, de quitter un restaurant sans payer, d’uriner ou déféquer en public, d’utiliser une fausse carte d’identité ou encore de pénétrer dans des habitations vides. Les contrevenants de première fois bénéficieront d’un avertissement, mais en cas de récidive, ils s’exposent à une amende pouvant atteindre 200 000 wons (environ 143 dollars américains).
Ce durcissement s’inscrit dans un contexte de rebond spectaculaire du tourisme en Corée du Sud après la pandémie. Joel Guinto rappelle que Jeju, célèbre pour ses plages volcaniques, ses sentiers de randonnée et ses panoramas venteux, a accueilli près de sept millions de visiteurs depuis le début de l’année. En 2024, les touristes étrangers avaient injecté un montant record de 9,26 trillions de wons dans l’économie locale, dont une large majorité — environ 70 % — provenait de la clientèle chinoise.
Ce type de mesure traduit également une tendance plus large en Asie : les destinations prisées réagissent à l’« over-tourisme » qui perturbe la vie quotidienne des habitants. Joel Guinto rappelle en guise d’exemple qu’une ville japonaise a récemment décidé de bloquer un point de vue célèbre sur le mont Fuji afin de limiter l’afflux incessant de visiteurs cherchant à prendre des selfies.
L’initiative de Jeju pourrait donc marquer un tournant en Corée du Sud, où la tension entre dynamisme touristique et respect des modes de vie locaux se fait de plus en plus sentir.



