Un ancien ambassadeur aux États-Unis prône une réduction drastique de la taille de l’administration fédérale

Dans une tribune percutante publiée dans le National Post, Derek H. Burney, ancien ambassadeur du Canada à Washington, appelle à une réforme profonde et urgente de l’appareil gouvernemental fédéral. Face à la montée des tensions commerciales avec les États-Unis et à l’inefficacité croissante du gouvernement fédéral, Burney plaide pour un programme de réduction draconienne de la taille du cabinet, de la fonction publique et de la bureaucratie.

Derek H. Burney critique sévèrement la composition actuelle du cabinet fédéral, qu’il qualifie de « construction conventionnelle et incohérente », dominée par des considérations de parité régionale, ethnique et de genre. Il souligne l’inefficacité d’un cabinet pléthorique qui multiplie les responsabilités redondantes, notamment dans les domaines du commerce, des affaires autochtones et du développement économique régional. L’auteur préconise de limiter le cabinet à vingt ministres, soutenus par quelques secrétaires parlementaires seulement. Il note que si les États-Unis fonctionnent avec quinze secrétaires, le Canada pourrait aisément faire aussi bien avec une structure plus compacte.

Pour Burney, la rationalisation ne doit pas s’arrêter au cabinet. Il évoque le besoin de réduire les rangs de la haute fonction publique, notamment en éliminant des couches hiérarchiques entières comme les postes de directeurs généraux ou les titres superflus tels que « sous-ministre associé ». Il cite également un constat du Bureau du dirigeant principal des ressources humaines du gouvernement, selon lequel l’excès de cadres nuit à la productivité et provoque des conflits internes.

Derek H. Burney critique aussi la gestion des programmes par le Secrétariat du Conseil du Trésor, qu’il juge inefficace. Il propose que cet organisme soit dirigé par un chef d’entreprise expérimenté, extérieur à l’administration publique. Il réclame également l’abandon de ce qu’il appelle les « prescriptions inspirées par le wokisme », notamment les politiques de diversité, d’équité et d’inclusion (DEI), qu’il juge contraires à une saine culture du mérite.

L’auteur insiste par ailleurs sur l’importance de placer les grands projets économiques au cœur de l’agenda national, notamment dans les domaines de l’énergie, des minéraux critiques et de l’intelligence artificielle. Il appelle à la création d’un Bureau des grands projets, calqué sur le modèle du Bureau des négociations commerciales (TNO) des années 1980, avec un mandat clair et l’autorité nécessaire pour surmonter les résistances bureaucratiques, provinciales et autochtones. Il souligne que ces communautés devraient être considérées comme des partenaires à part entière, sans droit de veto, mais avec une participation active aux risques et aux bénéfices.

Concernant les forces armées, Burney critique le déséquilibre croissant entre les officiers et les soldats, notant que le Canada affiche un ratio de 2,8 officiers pour un soldat, contre 7,1 pour les Marines américains. Il propose d’externaliser l’approvisionnement militaire qui coûte cher en ressources à un organisme indépendant, sur le modèle australien.

Il attaque également de front ce qu’il qualifie d’« hystérie climatique », en appelant à tourner la page des objectifs irréalistes comme la carboneutralité et à relancer les projets énergétiques conventionnels, notamment les oléoducs. Citant un récent sondage Leger, Burney note qu’en 2022, 73 % des Canadiens considéraient le climat comme une urgence, alors qu’ils ne sont plus que 4 % à y voir aujourd’hui le principal enjeu du pays.

Enfin, il recommande que l’ensemble de ce processus de réforme soit confié à un panel externe de cinq dirigeants d’entreprise expérimentés, capables de proposer des mesures concrètes, à l’abri de la langue de bois bureaucratique.

Derek H. Burney conclut en appelant le premier ministre Mark Carney à transformer sa victoire électorale du printemps en actions décisives. Il estime que le nouveau chef du gouvernement a une fenêtre de six mois pour imposer sa marque, sans quoi il risque de sombrer dans la même impopularité que son prédécesseur.

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