Un chanteur pro-Trump banni d’un concert pour Parcs Canada en raison de ses opinions

D’après un article de Amy Hamm publié dans le National Post le 23 juillet 2025

La journaliste Amy Hamm signe un article incisif dans le National Post sur un événement qui soulève une nouvelle controverse autour de la liberté d’expression au Canada. L’affaire concerne l’annulation par Parcs Canada d’un concert prévu au site historique national de York Redoubt, en Nouvelle-Écosse, du musicien chrétien américain Sean Feucht. Ce dernier, qualifié de « MAGA influencer » et décrit par Rolling Stone comme un « rocker de Jésus d’extrême droite », devait y livrer une prestation qui, selon plusieurs résidents locaux, contrevenait aux « valeurs » canadiennes.

Amy Hamm explique que ce tollé populaire a mené les autorités à révoquer le permis de Feucht, moins de 24 heures avant l’événement. Le motif officiel ? Des « considérations évolutives en matière de sécurité », ce que Hamm juge être un euphémisme masquant une censure politique déguisée. L’événement aura finalement lieu ailleurs, dans un lieu rural non précisé.

Sean Feucht, qui s’est présenté sans succès comme candidat républicain aux États-Unis en 2020, est une figure controversée. Il est à la fois missionnaire, activiste religieux, chanteur et fondateur de plusieurs mouvements évangéliques. Il s’est notamment fait remarquer pour ses prises de position très critiques envers l’avortement, les théories critiques de la race et les politiques transgenres, particulièrement chez les mineurs. Ces opinions, largement partagées dans certains cercles américains, ne passent pas inaperçues au nord de la frontière.

Mais ce qui choque Amy Hamm, ce n’est pas tant la personnalité de Feucht – qu’elle précise ne pas apprécier particulièrement – que la réaction outrée de certains Canadiens. Elle dénonce un climat d’intolérance au sein même d’un pays qui se targue d’être un modèle de liberté d’expression. Selon elle, l’affaire est symptomatique d’un réflexe pavlovien anti-MAGA qui, loin de promouvoir l’inclusion, vire souvent à l’exclusion pure et simple de ceux qui ne pensent pas « correctement ».

Amy Hamm s’en prend particulièrement à Shannon Miedema, députée libérale d’Halifax, qui a écrit dans un courriel révélé par CBC News que l’événement n’était « pas conforme aux valeurs fondamentales de Parcs Canada, comme le respect, l’équité, la diversité et l’intégrité ». Hamm dénonce l’hypocrisie de ce type de rhétorique qui, sous couvert de valeurs humanistes, sert à museler des opinions pourtant légales au Canada.

Selon elle, il est tout à fait possible d’être en désaccord profond avec les idées de Feucht sans pour autant chercher à l’empêcher de s’exprimer. « Aucun Néo-Écossais ne sera traîné de force à son concert », ironise-t-elle, rappelant que l’on peut très bien choisir de ne pas assister à l’événement. En voulant interdire ses propos, les opposants ne défendent pas la diversité, ils imposent l’uniformité, estime-t-elle.

La journaliste note que les accusations envers Feucht – être « anti-2SLGBTQ+ », anti-avortement, ou opposé aux politiques de justice raciale – relèvent d’un réflexe idéologique plus que d’un réel danger. Elle souligne que tenir des opinions critiques sur la transition de genre chez les enfants ou sur le wokisme ne constitue pas une infraction au Canada. Ces idées sont même partagées par une part significative de la population, que certains militants voudraient réduire au silence.

Amy Hamm conclut son article en notant que l’annulation du concert pourrait bien avoir l’effet inverse de celui escompté : galvaniser les partisans de Feucht et attirer encore plus de curieux à ses rassemblements. « Un spectacle interdit attire toujours plus », écrit-elle, rappelant qu’en démocratie, c’est souvent dans la confrontation des idées que se mesure la vitalité d’une société.

Elle regrette que le site magnifique de York Redoubt soit ainsi vidé de sa fonction première : accueillir tous les citoyens, quelle que soit leur opinion. Et de rappeler en conclusion que le plus bel héritage canadien, c’est sa liberté — encore faut-il la défendre.

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