Alors que plusieurs villes canadiennes rivalisaient de zèle pour bannir un musicien chrétien américain – Sean Feucht, accusé sans preuve d’être « d’extrême droite » – un prédicateur islamiste connu pour ses propos belliqueux et radicaux est, lui, accueilli chaleureusement à travers tout le pays. La tournée d’Abu Taymiyyah, intitulée The Awakening of the Ummah & The End of Times, est saluée par des dizaines d’organisations islamiques, promue sans obstacle sur les réseaux sociaux, et reçoit même l’appui officiel d’Islamic Relief Canada, un organisme reconnu comme partenaire caritatif.
Pourtant, il suffit de consulter les publications récentes de l’imam en question pour découvrir un discours explicitement guerrier, profondément ancré dans une vision apocalyptique du monde où juifs et chrétiens sont décrits comme des ennemis éternels de l’islam, et où toute idée de paix est considérée comme une illusion dangereuse.
Voici ce que partage Abu Taymiyyah sur ses réseaux :
« Quiconque croit que nous pouvons faire la paix avec les israéliens sionistes, ou que si nous les laissons tranquilles, ils nous laisseront tranquilles, est gravement dans l’erreur. Il est raisonnable de dire que c’est la plus grande illusion du siècle.
Comme Allah nous as dit dans le Coran, clairement et explicitement :
“Ils n’arrêteront pas de combattre jusqu’à ce qu’ils vous aient fait tourner le dos à votre religion” – s’ils étaient capable de le faire.Allah dit aussi :
“Jamais les Juifs ni les Chrétiens ne seront satisfaits de vous, tant que vous ne suivrez pas leur voie.”Tout comme les Hypocrites, à l’époque du Prophète Mahomet, doutaient qu’Allah leur donne la victoire, aujourd’hui, nous voyons des gens qui moquent tous les efforts que les gens font contre l’oppression. Ils diminuent les sacrifices de ceux qui se battent pour leurs droits, apportant encore plus de doute et de peur.
“En effet, comme Allah mentionne ; en effet, la victoire d’Allah Tout-Puissant est proche !” »
Ce discours ne laisse aucune place au doute : la guerre contre Israël, contre les juifs, contre les chrétiens et contre toute cohabitation religieuse est présentée comme éternelle, voulue par Dieu, et nécessaire pour rester fidèle à l’islam. La paix n’est pas simplement utopique, elle est blâmée. Pire encore, ceux qui prônent le dialogue ou la modération sont associés aux « hypocrites » du temps du Prophète — des traîtres internes, méprisés et accusés de faiblesse spirituelle.
Voilà donc la ligne idéologique de cette tournée canadienne, présentée comme un événement de « réveil spirituel », qui s’inspire de penseurs salafistes favorables au martyre et à la victoire finale contre l’Occident impie. Ce n’est pas une critique géopolitique d’Israël : c’est un manifeste eschatologique contre toute coexistence avec les juifs et les chrétiens.
Et pourtant, aucune ville ne bloque l’événement. Aucun politicien ne s’insurge. Aucun comité de vigilance sur les discours haineux ne s’agite. On déroule même le tapis rouge, d’un océan à l’autre : Calgary, Edmonton, Toronto, Montréal, Mississauga… tous les arrêts de cette tournée sont maintenus sans opposition, et même encouragés par une partie des milieux communautaires et religieux.
Ironiquement, c’est Sean Feucht, chrétien évangélique, musicien de louange, qui voit ses concerts annulés à répétition au Canada. Son crime ? Être pro-Trump. Peut-être aussi de défendre une conception chrétienne traditionnelle de la société. Aucun appel à la violence, aucun texte accusant les musulmans de vouloir la mort des chrétiens, aucun appel à l’insurrection divine — juste une foi conservatrice.
Et c’est là que le deux-poids-deux-mesures explose au grand jour. On traite de dangereux extrémiste celui qui chante “God bless America” sur une guitare, pendant qu’on invite sur scène celui qui proclame que les juifs et les chrétiens n’accepteront jamais les musulmans tant qu’ils n’auront pas renié leur foi — et qu’il faut leur résister jusqu’à la victoire finale.
La paix? Une illusion. Le vivre-ensemble? Une faiblesse. Les droits de l’homme? Des ruses hypocrites. Voilà ce qu’Abu Taymiyyah explique, texte coranique à l’appui. Et voilà ce qu’on accepte sans broncher, sous couvert de tolérance et de multiculturalisme.
Pendant que le Canada interdit les chansons chrétiennes dans les parcs municipaux, il célèbre des appels déguisés à la guerre sainte sur ses plus grandes scènes communautaires. Pendant qu’on étouffe des discours pacifiques au nom de la sécurité, on subventionne sans sourciller ceux qui affirment que la paix elle-même est une trahison.
Ce n’est pas seulement un double standard. C’est une complicité par mollesse, une trahison silencieuse des principes qu’on prétend défendre. Et si nous n’osons pas au moins nommer le problème, alors il n’est pas si fou de croire que la victoire de l’islamisme politique — elle aussi — est proche.



