La Presse canadienne rapporte que deux Premières Nations du nord de la Colombie-Britannique, les Nisga’a et les Tahltan, ont conclu une entente historique avec l’entreprise Arrow Transportation Systems afin d’acquérir le terminal en vrac du port de Stewart. L’annonce, faite le 25 août 2025, marque une étape importante à la fois pour l’économie autochtone et pour la stratégie canadienne de mise en valeur des minéraux critiques.
Un terminal stratégique au cœur du corridor des minéraux critiques
Situé sur le Portland Canal, à la frontière de l’Alaska et de la Colombie-Britannique, le terminal de Stewart joue un rôle névralgique dans l’exportation de concentrés de cuivre et d’or. Selon La Presse canadienne, il sert déjà à acheminer la production de grandes mines comme Brucejack (Newmont) et Red Chris, situées en territoires nisga’a et tahltan. Le terminal manipule environ 260 000 tonnes de concentrés chaque année, ce qui représente seulement la moitié de sa capacité nominale.
L’installation, qui emploie actuellement six travailleurs permanents, deviendra ainsi un point d’ancrage d’une chaîne d’approvisionnement intégrée, puisque le projet prévoit aussi la consolidation de deux flottes régionales de camionnage. Arrow Transportation, partenaire à parts égales de l’opération, voit dans cette intégration une façon d’améliorer l’efficacité logistique et d’ancrer son engagement auprès des communautés autochtones.
Un levier d’autonomie économique et de réconciliation
Le président du gouvernement tahltan, Kerry Carlick, a qualifié l’acquisition de « moment historique » qui favorisera à la fois la croissance économique et l’autodétermination des Premières Nations. Pour sa part, Eva Clayton, présidente du gouvernement nisga’a Lisims, a présenté l’initiative comme une occasion d’« assurer une véritable réconciliation économique ».
Toujours selon La Presse canadienne, les deux nations ont bénéficié d’une subvention provinciale de 5 millions de dollars pour appuyer la transaction. Le premier ministre de la Colombie-Britannique, David Eby, a salué l’entente comme une démonstration du rôle moteur que peut jouer la province dans l’économie canadienne, en conciliant réconciliation et création d’emplois.
Une région minière au cœur des enjeux énergétiques
La déclaration conjointe des partenaires rappelle que le nord-ouest de la Colombie-Britannique concentre à lui seul plus de la moitié de l’exploration et de l’activité minière de la province. En contrôlant directement une infrastructure portuaire clé, les Nisga’a et les Tahltan se placent au centre de la chaîne de valeur des minéraux critiques, dont la demande mondiale est en forte croissance.
L’entité nouvellement créée, Portland Canal Holdings Limited Partnership, incarne cette stratégie. Comme le souligne le communiqué cité par La Presse canadienne, « en soutenant stratégiquement le flux de minéraux critiques, les Nations nisga’a et tahltan sont désormais positionnées pour optimiser la génération de revenus, créer de nouvelles opportunités d’affaires et stimuler davantage la croissance économique au sein de leurs économies respectives et de celles de la Colombie-Britannique, du Canada et au-delà ».
Un signal fort pour le Canada et ses alliés
Cette acquisition dépasse le cadre local. En pleine transition énergétique et au moment où les pays occidentaux cherchent à sécuriser l’accès à des ressources stratégiques comme le cuivre, le contrôle autochtone du terminal de Stewart illustre un nouveau modèle de gouvernance et de partenariat.
Comme le rapporte La Presse canadienne, Arrow Transportation insiste sur la dimension de partenariat égalitaire, estimant que cette approche reflète l’avenir des projets d’infrastructures au Canada : des investissements conjoints qui lient efficacité économique, respect des territoires et développement durable.
L’opération, dont le montant exact n’a pas été dévoilé, devrait se conclure dans les prochains mois. Elle place les Nisga’a et les Tahltan au centre d’une filière minière mondiale qui ne cesse de prendre de l’importance dans le contexte géopolitique actuel.



