Dans l’intérieur de la Colombie-Britannique, la communauté de Summerland traverse une épreuve bouleversante. Alors que la grippe aviaire continue de frapper les élevages et refuges à travers le pays, un sanctuaire voué au bien-être des animaux se retrouve à son tour plongé dans la tourmente.
Un article de Wolfgang Depner, publié le 10 novembre 2025 par Global News, rapporte que le refuge Critteraid, basé à Summerland, a confirmé la découverte d’un cas positif de grippe aviaire H5N1. Dans une publication datée du 7 novembre, l’équipe du sanctuaire s’est dite « dévastée » par la nouvelle, évoquant un moment « déchirant » pour les bénévoles dont la mission repose avant tout sur la protection et l’amour des animaux.
Une épreuve humaine et logistique
Critteraid abrite, selon son propre site web, 54 animaux de différentes espèces : des animaux domestiques, mais aussi des pensionnaires de ferme tels que des cochons, des chèvres, des vaches, des canards et des poules. Tous sont désormais potentiellement exposés au risque d’infection.
Dans un communiqué relayé par Global News, les responsables du refuge précisent avoir pris des mesures immédiates de coordination avec Interior Health, des professionnels vétérinaires et l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA). Le sanctuaire affirme vouloir affronter la situation « avec transparence et intégrité », tout en protégeant à la fois ses animaux et ses bénévoles.
« Nous voulons être très clairs : nous ne cachons rien à la communauté », peut-on lire dans leur message. « Nous essayons simplement d’agir avec soin, précision et intégrité tout en soutenant nos animaux et les uns les autres. »
Une tragédie dans la foulée d’un autre drame
Cette annonce survient peu après une autre affaire tragique : la mise à mort de 314 autruches à la ferme Universal Ostrich d’Edgewood, également en Colombie-Britannique, à la suite d’un ordre d’abattage de l’ACIA lié à la même souche de grippe aviaire.
Cette succession d’événements renforce le climat d’inquiétude parmi les éleveurs et refuges de la province. Dans sa publication, Critteraid reconnaît que la « situation est toujours active et réglementée », et demande au public de faire preuve de compréhension et de bienveillance :
« Nos cœurs fragiles sont fragiles en ce moment », écrit l’équipe, rappelant que toute leur attention reste concentrée sur la survie et la sécurité des animaux.
Une crise persistante
Depuis 2021, le virus H5N1 — hautement pathogène — a provoqué l’abattage de millions d’oiseaux au Canada, touchant durement les exploitations avicoles de la Colombie-Britannique, de l’Alberta et du Québec. La recrudescence de cas dans des sanctuaires et petites fermes soulève des inquiétudes quant à la capacité du pays à protéger les refuges qui, souvent, ne disposent pas des ressources logistiques et vétérinaires des grands producteurs.
À Summerland, la douleur est surtout morale : au-delà des protocoles sanitaires, c’est un refuge entier qui se bat pour sauver ce qu’il reste de son équilibre fragile — et de sa mission de compassion.



