«Une bataille après l’autre» : l’extrême-gauche violente à Hollywood

Le nouveau film de Paul Thomas Anderson, «Une bataille après l’autre» (One Battle After Another), est présenté par de nombreux critiques comme un chef-d’œuvre contemporain. Cependant, sa mise en scène dynamique n’empêche pas le film de véhiculer des notions politiques et culturelles biaisées qui ne peuvent qu’attiser les tensions dans une Amérique plus que jamais divisée. Évidemment, c’est loin d’être la première fois qu’Hollywood se fait diffuseur de propagande progressiste, mais il franchit ici un pas dans le cautionnement de la radicalité.

Le scénario se veut une adaptation du roman Vinland de Thomas Pynchon, mais n’en conserve qu’un vague squelette narratif. Dans One Battle After Another, Paul Thomas Anderson remplace l’univers fictif et chaotique de Vineland County — microcosme d’une Californie post-contre-culture engluée dans la drogue, la désillusion et la surveillance — par un théâtre contemporain centré sur la migration irrégulière. Au lieu du paysage rural peuplé d’ex-hippies, de petits trafiquants et d’agents fédéraux corrompus, on trouve une frontière poreuse où se croisent activistes, passeurs et miliciens. Ce déplacement d’enjeux transforme la satire politique et paranoïaque du roman en un drame moral et idéologique sur les migrations et l’administration politique en place.

Le scénario se déroule sur fond de clivage grossièrement caricaturé. D’un côté, on trouve un groupe de révolutionnaires qui portent toutes les « bonnes causes » de la gauche radicale, nommés les « French 75 », dont fait partie Pat Calhoun (Bob Ferguson), joué par Leonardo DiCaprio. Ces activistes pratiquent la violence pour libérer des migrants clandestins, présentés comme les victimes d’un régime oppresseur – et jamais comme des criminels potentiels. On montre d’innocentes mères avec leurs enfants plutôt que de jeunes hommes impliqués dans le trafic d’armes ou de stupéfiants.

Le personnage de Steven J. Lockjaw, interprété par Sean Penn, est d’abord le Colonel qui commande le centre de détention d’Otay Mesa (près de la frontière mexicaine), chargé de l’emprisonnement et de la déportation des immigrants illégaux. Au fil du récit, il reçoit une promotion honorifique qui le fait passer du rôle d’exécutant froid à celui de stratège politique. Il rejoint alors le « Christmas Adventurers Club » une société secrète de suprématistes blancs racistes et antisémites. Comme si un haut fonctionnaire de la sécurité intérieure devait forcément épouser un suprématisme radical.

La trame repose sur une invraisemblable liaison sexuelle entre le Colonel Lockjaw et Perfidia Beverly Hills, militante noire du groupe révolutionnaire « French 75 » – qui devient également la partenaire amoureuse de Pat Calhoun. De cette relation naît une fille cachée, Willa. Seize ans plus tard, Lockjaw, obsédé par l’idée d’être le père d’une mulâtre, cherche à effacer toute trace de cette faute originelle, qui le rendrait indigne du très puritain « Christmas Adventurers Club ». Il ira jusqu’à envisager de faire assassiner sa propre fille adolescente, Willa. La lecture symbolique qu’on propose au spectateur est simple : l’amalgame du ICE (Service de l’immigration et des douanes des États-Unis) à la volonté de tuer un enfant de couleur.

Les dialogues passent ici et là des messages idéologiques. Dans une scène, le héros du film (joué par Leonardo DiCaprio) y va d’une tirade sur Benjamin Franklin qu’il qualifie de « grand sorcier du klan » et de « putain d’esclavagiste », réduisant l’histoire à une caricature simpliste et erronée. Dans une autre scène, Willa explique à Pat (Bob) qu’un de ses amis est non binaire et qu’il faut utiliser les pronoms « they/them » (iel). Willa est d’ailleurs le personnage que le film place comme symbole de la justesse morale.

Ce film évoque un contexte culturel global. La gauche progressiste noyaute la société hollywoodienne et le monde du show-business. Elle contrôle la production de la culture populaire depuis des décennies et, façonnant l’imaginaire collectif et influençant la perception de la réalité. Ce film reflète une vision où la société américaine est systématiquement oppressive et injuste, ce qui peut servir à nourrir un sentiment antinationaliste allant jusqu’à justifier la violence révolutionnaire. Quel impact ces œuvres ont-elles sur un public mal informé, susceptible d’adopter leurs messages comme des vérités?

Le film se distingue par son manque de subtilité idéologique. Les critiques progressistes vont tenter d’expliquer que le film comporte des nuances et qu’il faut le percevoir comme une satire des extrêmes politiques. Le tableau ne donne pourtant aucune place à la nuance. On nous présente une vision manichéenne : les justiciers contre les sans-cœur, le bien contre le mal. La conclusion du film, où Charlène est encouragée à poursuivre la révolution de sa mère, envoie un message idéologique clair : le radicalisme de gauche constitue une approche légitime pour corriger des injustices imaginaires et remodeler la société au nom de la justice sociale.

Leonardo DiCaprio et Sean Penn sont connus pour être des acteurs engagés, qui prennent régulièrement position sur des enjeux politiques et sociaux. Tous deux sont des progressistes farouchement critiques de l’administration Trump. 

En résumé, One Battle After Another est un produit hollywoodien de grande envergure, techniquement impressionnant mais idéologiquement problématique. Il illustre le besoin urgent de reconquérir l’espace culturel en créant des oeuvres qui sont en rupture avec le progressisme ambiant. Ce qui fut jadis une contre-culture est désormais promue par une élite corrompue. La nouvelle contre-culture nationaliste et conservatrice a le vent en poupe, mais elle est encore loin d’avoir la portée du show-business mainstream.

Facebook
Twitter
LinkedIn
Reddit
Email

Les nouvelles à ne pas manquer cette semaine