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Valérie Plante préfère une ville moins genrée qu’une capitale francophone

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Pendant qu’elle s’attaque à la suprématie du masculin dans la langue française, Valérie Plante manifeste peu d’intérêt à franciser la capitale de la Francophonie américaine.

L’administration Plante veut que les élus et les employés de la Ville adoptent ce qu’on appelle une communication basée sur les « épicènes ». Un épicène sert à désigner indifféremment le masculin du féminin. Exemple, on demandera aux élus et à la fonction publique montréalaise de ne plus utiliser les mots père et mère et de les remplacer plutôt par un épicène, celui de parent. Le substantif parent ne fait pas de distinction entre les sexes. La raison de cette substitution lexicale ? Dans un premier temps, on veut réduire la prédominance masculine et désexualiser le vocabulaire. En jargon de la psychologie, on dirait que c’est une forme de castration langagière. Pour Sophie Durocher, nous ne sommes pas loin de ce phénomène. En fait, l’administration de Valérie Plante veut évacuer tout ce qui distingue les sexes au sein de son administration, comme si l’humanité n’était plus composée d’hommes et de femmes, mais uniquement d’êtres humains.

Qu’on soit d’accord avec cette philosophie, c’est une chose, mais que la mairesse de la plus grande ville francophone des Amériques mette plus d’énergie à « épicéner » les communications que de franciser la Ville est, à mon avis, une erreur de jugement.

Remettre le français sur les rails

En voulant s’attaquer à la suprématie du masculin, la mairesse de Montréal manque la véritable cible. La leadeuse de la capitale de la Francophonie américaine devrait plutôt redonner le gout aux Montréalais de mettre en valeur leur langue commune, celle qui les unit en termes de communications et de dialogues.

Si l’Assemblée nationale du Québec « […] reconnait la volonté des Québécois d’assurer la qualité et le rayonnement de la langue française […] » et qu’elle est « […] donc résolue à faire du français la langue de l’État et de la Loi aussi bien que la langue normale et habituelle du travail, de l’enseignement, des communications, du commerce et des affaires […] », il serait plus approprié de mettre en valeur un bon français qu’un français ingenré puisque c’est « […] par cette langue qu’elle permet au peuple québécois d’exprimer son identité ». Il est déplorable que notre langue nationale ne soit pas la priorité de la mairesse de la capitale de la Francophonie américaine.

Un leadeur influence et se démarque par les priorités qu’il met de l’avant. Il attaque les problèmes et s’entoure d’une équipe prête à le suivre pour relever avec brio les nombreux défis qui concernent les citoyens. Année après année, on remarque que la langue française perd de l’espace à Montréal. Dans mon livre à moi, la francisation de Montréal est un défi qui devrait passer bien avant celui de la promotion du vocabulaire ingenré.

Se distancer

Comme le dit si bien Denise Bombardier : « Le français est une langue universelle. Qu’au Québec, on décide de ne pas respecter sa grammaire nous tribalise. » Tristement, la capitale de la Francophonie américaine va son chemin et prend de plus en plus distance de sa langue. Celle-ci renferme pourtant une histoire et un patrimoine. Au lieu de la valoriser, d’en faire le fleuron de sa ville, Mme Plante s’en sert comme véhicule idéologique. Ce n’est pas en se tribalisant qu’on attirera les touristes qui désirent les formations de nos institutions de renom.

Les bénéfices

La langue française doit devenir la langue des affaires montréalaises parce que la langue de Molière deviendra d’ici 2050 une des trois langues les plus parlées à travers le monde. Elle est la langue de l’avenir. Frédéric Lacroix, un observateur de la situation linguistique québécoise croit ceci : « Plus le “statut” d’une langue est élevé, plus elle est utile, plus elle nous permet d’augmenter nos revenus et de nous enrichir, et plus cette langue sera maitrisée. » En d’autres mots, plus on lui accordera de la valeur, plus elle nous enrichira et plus on en aura besoin pour contracter de bonnes affaires.

En valorisant le français, le bon français, on encouragera non seulement un bon parler, mais la culture, l’art, l’humour, la littérature et le savoir. Et plus le savoir québécois francophone sera favorisé, plus notre monde des affaires s’enrichira, et ce, au départ, à cause de la promotion de notre langue, le français.

Des signes de faiblesse

Même l’Université de Montréal, l’institution universitaire visible de loin, haut perchée sur le Mont-Royal, celle qui devrait faire la fierté de la ville qui porte son nom, aurait intérêt à revoir ses priorités linguistiques. Effectivement, des étudiants francophones ont dû suivre un cours en anglais parce que deux unilingues anglophones étaient inscrits à ce cours. Il me semble que les leadeurs de notre capitale devraient s’unir et s’assurer que les étudiants reçoivent leur formation en français. Pour l’administration Plante, on préfère former des élus et des employés de la Ville à communiquer avec un vocabulaire épicène, formé de mots ingenrés, plutôt que de collaborer avec l’UdeM à la francisation de leurs concitoyens.

Un rendez-vous manqué

Valérie Plante ne réalise pas qu’elle prépare Montréal à manquer le rendez-vous qui l’attend en 2050. Le Québec, par son savoir, sa renommée aéronautique, son savoir-faire en plusieurs domaines, son milieu artistique, son humour, sa littérature, sa culture et par-dessus tout, sa langue, pourrait devenir une plaque tournante de l’économie francophone des cent prochaines années. Si Montréal ne se prépare pas à ce rendez-vous et balaie du revers de la main la fortune qui lui sourira en 2050, ce sont d’autres villes francophones qui en tireront profit. Nous avons de bonnes universités, de bons centres de formation, de bons ingénieurs, l’École nationale de l’humour, les conservatoires de musique, de bons auteurs, de bons acteurs, pourquoi ne pas préparer Montréal à considérer sérieusement ce rôle capital qu’elle pourra jouer dans l’avenir ? Non, madame Plante préfère investir dans un vocabulaire qui nous fait perdre de vue que l’humanité est composée d’hommes et de femmes, par qui la race humaine est procréée…

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