L’affaire qui avait bouleversé Montréal et attiré l’attention internationale connaît aujourd’hui un tournant inattendu. Comme l’a rapporté Guillaume E. Roy, vidéo-journaliste pour Rebel News, le tribunal a rendu un verdict de non-responsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux à l’endroit de Sergio Yanes Preciado, 23 ans, accusé d’avoir agressé un père de famille juif dans un parc du quartier Parc-Extension.
Dernière heure — Sergio Yanes Preciado, l’homme qui avait violemment attaqué un père juif, a été déclaré non criminellement responsable à la suite de l’examen de son rapport d’évaluation psychiatrique au palais de justice de Montréal. pic.twitter.com/jciqHGj1ug
— Guillaume Roy (@guillaum3roy) September 15, 2025
Une procédure judiciaire marquée par l’évaluation psychiatrique
Selon La Presse canadienne, relayée par Radio-Canada, Yanes Preciado avait été arrêté le 9 août et accusé de voies de fait causant des lésions corporelles. L’agression, survenue en plein après-midi devant les trois jeunes enfants de la victime, avait été filmée par un témoin et largement dénoncée par les élus et les organisations communautaires.
Le 13 août, un juge de la Cour du Québec avait ordonné une évaluation psychiatrique de 30 jours, après la remise d’un rapport de criminologue faisant état de pensées délirantes et de problèmes de santé mentale. C’est à l’issue de ce processus que la Cour a finalement conclu à l’absence de responsabilité criminelle, orientant l’accusé vers un suivi psychiatrique plutôt qu’une peine de prison.
Un verdict qui soulève malaise et inquiétude
Le verdict ne retient donc aucune accusation de crime haineux, et reconnaît que l’agresseur ne peut être tenu pénalement responsable de ses gestes. Si cette conclusion repose sur des critères légaux précis, elle laisse un sentiment d’inachevé : la violence filmée et diffusée a marqué durablement la communauté juive, mais aussi l’opinion publique qui y a vu un exemple supplémentaire d’insécurité croissante dans les rues de Montréal.
Pour les proches de la victime et pour plusieurs groupes communautaires, la question du mobile reste floue. Certains y ont vu une agression à caractère antisémite, d’autres ont souligné les signes manifestes de désorganisation mentale de l’accusé. La justice, elle, a tranché : l’affaire n’est pas traitée comme un crime haineux et ne sera pas sanctionnée par une peine de détention.
Le débat plus large sur la sécurité et la justice
Cette affaire intervient dans un contexte où les citoyens dénoncent de plus en plus la banalisation des agressions violentes et ce qu’ils perçoivent comme des « peines bonbons ». La multiplication des verdicts de non-responsabilité criminelle et des remises en liberté de personnes jugées dangereuses alimente la crainte d’un système qui protège davantage les agresseurs que les victimes.
Si la prise en charge psychiatrique est une nécessité pour les individus en crise, la question de la sécurité publique demeure entière : comment garantir que de tels drames ne se reproduisent pas, et que les victimes de violences gratuites ou ciblées obtiennent justice?
À l’heure où la communauté juive, déjà fragilisée par un climat de tensions depuis les événements internationaux de l’automne 2023, réclame plus de fermeté et de protection, ce verdict risque d’être interprété comme un signe supplémentaire de désengagement face à l’ensauvagement et à la montée des agressions dans l’espace public.



