Un article de Hillel Italie publié par l’Associated Press le 24 août 2025 révèle qu’un livre posthume de Virginia Roberts Giuffre, l’une des accusatrices les plus connues de Jeffrey Epstein, paraîtra cet automne. Intitulé « Nobody’s Girl: A Memoir of Surviving Abuse and Fighting for Justice », l’ouvrage de 400 pages sortira le 21 octobre chez Alfred A. Knopf.
Selon l’Associated Press, Virginia Giuffre avait rédigé le manuscrit avec la journaliste et auteure Amy Wallace avant son décès par suicide en avril dernier à l’âge de 41 ans. Dans un courriel adressé à Wallace peu de temps avant sa mort, Giuffre insistait sur son souhait profond que le livre soit publié « quel que soit [son] sort », estimant que son témoignage est crucial pour comprendre les défaillances systémiques qui facilitent la traite d’êtres humains vulnérables à travers les frontières.
L’AP rapporte que Giuffre avait initialement signé un contrat à sept chiffres avec Penguin Press, avant de suivre l’éditrice Emily Cunningham chez Knopf, où le projet a finalement trouvé sa place. Todd Doughty, porte-parole de Knopf, a confirmé cet historique éditorial, tout en précisant que l’ouvrage avait été rigoureusement vérifié et soumis à un examen légal.
Connue pour avoir accusé le prince Andrew et d’autres personnalités influentes d’exploitation sexuelle lorsqu’elle était mineure, Giuffre avait poursuivi le duc d’York en justice avant de conclure un accord hors cour en 2022. Andrew a toujours nié les accusations. Giuffre avait aussi publiquement affirmé que Ghislaine Maxwell l’avait recrutée au début des années 2000 pour Epstein, alors qu’elle travaillait au club privé Mar-a-Lago de Donald Trump. Maxwell, condamnée en 2021 pour trafic sexuel, a rejeté ses accusations. Knopf a précisé que le livre ne formule pas d’allégations à l’encontre de Trump.
Comme le rappelle l’Associated Press, Epstein a été retrouvé mort en prison en 2019 dans ce que les autorités ont qualifié de suicide. Le nom de Giuffre, lui, a continué à faire la une même après sa disparition. En juillet dernier, Donald Trump a déclaré publiquement qu’Epstein avait « volé » Giuffre à Mar-a-Lago.
Knopf décrit « Nobody’s Girl » comme une œuvre « intime, dérangeante et déchirante », offrant de nouveaux détails sur la vie de Giuffre auprès d’Epstein, de Maxwell et de leurs cercles, ainsi que son premier témoignage public depuis son règlement judiciaire avec le prince Andrew. Jordan Pavlin, éditrice en chef de Knopf, présente le livre comme une « histoire brute et choquante » et le récit d’« un esprit combatif qui cherchait à se libérer ».
Giuffre avait déjà reconnu avoir commis des erreurs factuelles dans ses souvenirs, notamment lorsqu’elle avait retiré en 2022 ses accusations contre l’avocat Alan Dershowitz. Malgré ces rectifications, l’éditeur insiste sur la solidité factuelle de l’ouvrage.
Sa co-auteure Amy Wallace, journaliste primée, est connue pour avoir collaboré à des projets littéraires de grande envergure, dont « Creativity, Inc. » avec Ed Catmull de Pixar et « Hot Seat » avec l’ancien PDG de General Electric, Jeff Immelt.
La publication de ce livre posthume, fruit des dernières volontés de Virginia Giuffre, promet de relancer les débats autour du réseau d’Epstein, de ses ramifications politiques et sociales, mais surtout autour de la nécessité de mieux protéger les victimes de traite et d’abus.



