Selon Jim Bronskill de La Presse Canadienne, dans un article publié sur CTV News, les voyageurs canadiens devront bientôt se soumettre à de nouvelles formalités pour se rendre en Europe. L’Union européenne met progressivement en place deux systèmes destinés à moderniser la gestion des frontières et à renforcer la sécurité sur le continent : le Entry/Exit System (EES) et le European Travel Information and Authorization System (ETIAS).
Jim Bronskill explique que le premier, l’EES, vise à enregistrer électroniquement les entrées, sorties et refus d’entrée de tous les visiteurs non européens séjournant pour de courtes durées dans les 29 pays qui utiliseront ce dispositif. Il remplacera les tampons manuels dans les passeports et reposera sur la collecte de données biométriques, notamment les empreintes digitales et la reconnaissance faciale. Ce système, prévu pour être pleinement opérationnel le 10 avril 2026, permettra aux autorités de mieux suivre les dépassements de séjour et de lutter contre le crime organisé et le terrorisme.
Uku Sarekanno, directeur exécutif adjoint de Frontex, l’agence européenne de garde-frontières, a précisé lors d’une visite à Ottawa que cette réforme répondait à un besoin de transparence : « En Europe, si l’on regarde les chiffres, la migration irrégulière est en baisse, mais le sujet demeure hautement politique. Ces mesures visent à rétablir la confiance dans le système », a-t-il déclaré.
Dans un second temps, à la fin de l’année 2026, entrera en vigueur l’ETIAS, une autorisation de voyage électronique obligatoire pour les ressortissants de pays exemptés de visa — dont le Canada — qui souhaitent entrer dans l’un des 30 pays participants.
Ce document, inspiré du système canadien d’Autorisation de voyage électronique (AVE) instauré en 2016, coûtera 20 euros et sera valide jusqu’à trois ans ou jusqu’à l’expiration du passeport. Les mineurs de moins de 18 ans et les personnes de plus de 70 ans seront exemptés de paiement.
Jim Bronskill note que la demande d’ETIAS s’effectuera exclusivement en ligne, et que la majorité des requêtes devraient être approuvées en quelques minutes. L’autorisation sera liée électroniquement au passeport, mais ne garantira pas l’entrée automatique sur le territoire : les agents frontaliers pourront encore exiger des documents complémentaires.
Les autorités européennes recommandent de faire la demande avant l’achat d’un billet d’avion ou d’une réservation d’hébergement. Elles mettent également en garde contre des sites frauduleux qui tentent déjà d’exploiter la méconnaissance du public en vendant de faux formulaires ETIAS.
Uku Sarekanno ajoute que ces dispositifs devraient, à long terme, faciliter le passage des voyageurs réguliers tout en permettant aux agents de se concentrer sur d’autres tâches. « Cela prendra du temps », a-t-il reconnu, « mais nous espérons qu’à terme, l’expérience aux frontières européennes sera plus rapide et fluide. »



