150 condamnations plus tard, un voyeur multirécidiviste écope de 30 mois supplémentaires

Un homme cumulant pas moins de 150 condamnations criminelles vient d’être condamné à une nouvelle peine de 30 mois de prison pour possession illégale d’une arme à feu. Une affaire qui illustre une fois de plus les limites d’un système de justice où les peines s’additionnent lentement, dossier après dossier, malgré un historique criminel hors du commun.

Le Journal de Montréal rapporte que Martin-Luther Pillay, 45 ans, a été reconnu coupable de possession d’un pistolet Glock Polymer 80 de calibre 9 mm, une arme à autorisation restreinte qui n’a jamais été retrouvée par les policiers. La preuve reposait essentiellement sur des photos et des vidéos retrouvées dans son téléphone cellulaire, où on le voit manipuler l’arme dans différentes pièces de sa résidence. Ses tatouages visibles sur les images ont permis de l’identifier sans équivoque.

La juge Nathalie Fafard a retenu l’analyse d’un expert confirmant que l’arme était bel et bien fonctionnelle. Malgré l’absence de l’arme physique, elle a conclu que la preuve établissait la culpabilité de l’accusé hors de tout doute raisonnable.

Cette condamnation découle d’une enquête ouverte en 2023. À l’époque, les policiers enquêtaient sur Pillay pour avoir filmé à leur insu une trentaine de travailleuses du sexe. Lors de la perquisition de son domicile, ce sont finalement les images de l’arme à feu qui ont mené à de nouvelles accusations.

Le même homme avait déjà été condamné, en septembre dernier, à 22 mois d’emprisonnement pour voyeurisme. Selon le Journal de Montréal, il filmait clandestinement des femmes dans des situations intimes, notamment des travailleuses du sexe, accumulant une nouvelle série de crimes à un casier judiciaire déjà exceptionnellement chargé.

Mais c’est surtout l’ampleur de ce casier qui retient l’attention. Comme l’a rappelé la juge, Martin-Luther Pillay compte environ 150 condamnations criminelles. Parmi celles-ci, 133 concernent des bris de conditions ou des manquements à des ordonnances judiciaires, démontrant une incapacité chronique à respecter les décisions des tribunaux.

« Il est clair […] qu’aucune mesure de réhabilitation n’a porté fruit », a conclu la juge, ajoutant que l’accusé est « incapable de respecter quelque forme d’encadrement imposée par le tribunal ».

Malgré ce lourd historique, la Couronne réclamait une peine pouvant aller jusqu’à quatre ans de pénitencier. La juge a finalement imposé une peine de 30 mois.

L’affaire soulève une nouvelle fois la question de l’efficacité du système de justice face aux délinquants multirécidivistes. Au fil des années, les condamnations se sont accumulées — vols, violence conjugale, voyeurisme, bris de probation et maintenant possession illégale d’une arme à feu — sans que cette succession de peines ne semble avoir empêché l’accusé de poursuivre ses activités criminelles.

Les statistiques de son propre casier témoignent de cette réalité. Lorsqu’un individu a déjà été condamné environ 150 fois, dont 133 fois pour avoir défié les conditions mêmes que les tribunaux lui avaient imposées, plusieurs s’interrogeront sur la capacité réelle du système à protéger la population avant que la criminalité ne se répète.

À sa libération, Martin-Luther Pillay fera l’objet d’une interdiction à vie de posséder des armes à feu.

Facebook
Twitter
LinkedIn
Reddit
Email

Les nouvelles à ne pas manquer cette semaine