Terry Newman, dans un texte d’opinion, s’est penché sur le nouveau guide étudiant produit par l’Association des étudiants de premier cycle de l’Université Concordia (CSU). Selon lui, ce document qui devrait être un simple agenda pour planifier les cours et les examens s’est transformé en manifeste politique aux accents anti-occidentaux et anti-israéliens.
Newman rapporte qu’Anastasia Zorchinsky, membre du conseil de la CSU, a dénoncé sur Instagram le caractère « super pro-Hamas et anti-occidental » du livret. Elle s’inquiète que les 35 000 étudiants de Concordia soient exposés quotidiennement à ce qu’elle considère comme de la propagande. Son inquiétude tient aussi au fait que le manuel propose un « guide de grève » qui normalise, selon elle, les blocages de classes, les manifestations masquées et les confrontations avec la sécurité du campus, en contradiction avec le Code de droits et responsabilités de l’université.
Le contenu du guide étonne par ses omissions et ses choix. On n’y retrouve pas Noël, ni le jour de l’An, ni la fête du Canada. À la place, on commémore par exemple la victoire de la révolution cubaine en 1959 ou la suspension de l’immigration chinoise par Ottawa en 1933. Le livret mentionne la Nakba de 1948, le massacre de la mosquée de Québec en 2017, la mort de Joyce Echaquan et la crise d’Oka, mais passe sous silence l’attentat d’Ottawa de 2014 et la fusillade de 1992 à Concordia même, perpétrée par Valery Fabrikant.
La couverture illustre un manifestant masqué brandissant un drapeau palestinien, entouré de slogans comme « Stop Genocide. Free Palestine ». Sur un compte Instagram lié au syndicat étudiant, un message affiche d’ailleurs une solidarité « contre le nationalisme canadien » et pour une « anti-Canada Day ».
Le manuel liste aussi de nombreux événements astrologiques et des phénomènes astronomiques hebdomadaires, ce que Terry Newman qualifie de choix « bizarres », qui contrastent avec l’absence des fêtes traditionnelles.
Face aux critiques, la porte-parole de Concordia, Vannina Maestracci, a rappelé que la publication est produite par la CSU, non par l’administration. Elle admet néanmoins que son contenu est « loin de promouvoir la pleine participation des étudiants » et qu’il comporte un manque flagrant d’inclusivité. L’université a demandé au syndicat de corriger le tir et assure que toute violation du Code sera sanctionnée.
Dans un contexte déjà difficile, avec un déficit budgétaire prévu de 84 millions de dollars et une baisse des inscriptions, Newman estime que ce guide étudiant risque de nuire encore davantage à la réputation de Concordia et à sa capacité à attirer de nouveaux étudiants.



