Des rames du REM figées sous la neige : un premier test manqué pour la branche de l’Anse-à-l’Orme

La première neige de la saison a souvent valeur de rappel : elle met à l’épreuve les infrastructures, révèle les failles et rappelle que le climat québécois ne pardonne rien aux systèmes mal préparés. Or, alors que Montréal s’apprête à inaugurer une nouvelle branche du REM et à célébrer ses promesses de modernité, les images qui ont circulé cette semaine ont plutôt ramené les usagers à un sentiment familier — celui d’un réseau fragile, vulnérable, encore loin de la fiabilité vantée par ses promoteurs. C’est dans ce contexte que The Gazette, sous la plume de Jason Magder, a rapporté un incident révélateur : deux trains du REM sont demeurés immobilisés pendant près de 24 heures sur la portion ouest de l’autoroute 40, dans un décor de neige fraîchement tombée.

La scène surréaliste du west island

Comme le rapporte Jason Magder pour The Gazette, des usagers du West Island ont eu droit à un étrange spectacle dès mardi après-midi : des rames du REM, toutes lumières éteintes, figées sur leurs rails aériens au-dessus de l’autoroute 40. L’une près du Canadian Tire du boulevard St-Charles, l’autre un peu plus à l’est, près du centre commercial Fairview à Pointe-Claire. Les premiers signalements datent d’environ 16 h, juste au moment où des milliers de travailleurs rentraient chez eux.

Le lendemain, note Magder, les mêmes trains n’avaient toujours pas bougé aux alentours de 13 h. Ce n’est que vers 16 h que la rame immobilisée près de Fairview a finalement été déplacée, tandis que celle près du Canadian Tire demeurait bloquée. La première neige avait suffi à neutraliser deux trains censés représenter l’avenir du transport collectif montréalais.

Une branche toujours en test… et déjà en difficulté

L’incident concerne le tronçon de l’Anse-à-l’Orme, explique The Gazette, un segment distinct du réseau qui longe l’autoroute 40 vers l’ouest, jusqu’à Sainte-Anne-de-Bellevue. Cette branche, qui comprend quatre stations, n’ouvrira pas en même temps que le nouveau segment Deux-Montagnes inauguré cette semaine. Elle en est encore à sa phase d’essais.

Interrogé par Magder, le service des communications de CDPQ Infra — propriétaire du REM — a affirmé qu’en période de tests, il est normal que des trains circulent à fréquence variable ou même restent immobilisés sur la voie. Une formulation prudente, qui contraste néanmoins avec les assurances répétées de septembre dernier, lors des conférences de presse où les dirigeants avaient nié l’existence de problèmes sur cette branche.

Selon The Gazette, l’objectif demeure d’intégrer le tronçon de l’Anse-à-l’Orme au réseau actif au printemps, après une saison complète d’essais hivernaux.

Pendant ce temps, l’ouverture de la branche deux-montagnes

Magder rappelle que la branche Deux-Montagnes — celle qui traverse le tunnel sous le mont Royal et dessert 14 stations — sera officiellement inaugurée vendredi matin lors d’une cérémonie de coupure du ruban. Les premiers usagers payeront leur passage dès lundi, après une fin de semaine de service gratuit.

Cependant, même dans le reste du réseau déjà en service, tout n’a pas été sans heurts. Toujours selon The Gazette, la branche de Brossard a subi mardi deux ralentissements d’environ trente minutes chacun, tel qu’indiqué sur les réseaux sociaux du REM. Et des rumeurs — non confirmées par CDPQ Infra — laissaient entendre que même la branche Deux-Montagnes aurait interrompu certains tests.

Un passé récent difficile à oublier

Magder souligne que la première branche du REM, celle reliant Brossard au centre-ville, a été affligée par des ralentissements et défaillances constants l’hiver dernier. Vent, neige, glace, capteurs vulnérables : les explications n’ont jamais manqué, mais la confiance du public a elle aussi été mise à rude épreuve. CDPQ Infra assure pourtant que les améliorations techniques apportées depuis permettront un hiver beaucoup plus stable.

Or, les images des rames immobiles dans l’Ouest-de-l’Île, silencieuses et désertes sous la neige, risquent d’éveiller un scepticisme persistant. Elles viennent rappeler que le véritable défi du REM n’est pas de couper des rubans, mais de prouver sa robustesse dans les conditions québécoises réelles.

Un avertissement météorologique… et institutionnel

Le reportage de Jason Magder dans The Gazette montre une réalité simple : le REM entre dans sa première grande saison hivernale étendue, et chaque incident sera scruté, interprété, amplifié. La première neige n’a pas été indulgente, et les prochains mois diront si les promesses de fiabilité répétées par CDPQ Infra survivront au test de l’hiver.

En attendant, les Montréalais observent. Et beaucoup se demandent si les longs mois de problèmes rencontrés sur la branche de Brossard risquent de se répéter ailleurs — ou si l’incident de Pointe-Claire n’était qu’un faux départ dans la course à la modernité du transport métropolitain.

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