Jamie Sarkonak, chroniqueuse au National Post, signe un texte où elle explique pourquoi, selon elle, la décision de Danielle Smith en Alberta de limiter la gratuité des vaccins contre la COVID-19 est parfaitement raisonnable. Sarkonak soutient que le coût des doses, conjugué au faible intérêt de la population, justifie une réorientation des ressources vers d’autres priorités de santé publique.
Une pandémie terminée, mais une facture persistante
Comme l’explique Jamie Sarkonak, la pandémie de COVID-19 appartient désormais au passé, mais la question des vaccins continue de peser sur les finances publiques. L’Alberta a décidé de réserver la gratuité aux populations vulnérables – résidents en centres d’hébergement, personnes immunodéprimées, sans-abris, personnes âgées ou encore travailleurs de la santé – tandis que les autres citoyens devront débourser 100 dollars s’ils souhaitent recevoir une injection.
Des millions de doses gaspillées
Sarkonak rappelle que le gaspillage de vaccins a été énorme au Canada. Le gouvernement fédéral a détruit pour 1,2 milliard de dollars de produits invendus en 2023-2024, avant de transférer la responsabilité de l’approvisionnement aux provinces. En Alberta, la situation est encore plus frappante : plus d’un million de doses ont été jetées en 2023-2024. Danielle Smith a expliqué à la radio que la moitié des vaccins disponibles avaient expiré avant d’être utilisés.
Un problème d’emballage et de logistique
Comme le rapporte Sarkonak, les vaccins arrivaient en paquets de dix, qu’il fallait utiliser dans les 12 heures après ouverture. Cela rendait presque inévitable le gaspillage. L’exemple donné est simple : deux personnes se font vacciner à deux endroits différents, et ce sont 18 doses qui partent à la poubelle. Même si elles vont dans la même pharmacie, il reste toujours huit doses perdues.
Une demande très faible
En 2024-2025, seulement 14 % des Albertains, soit environ 670 000 personnes, ont accepté de recevoir une dose de rappel. Cela signifie que 400 000 doses, évaluées à 44 millions de dollars, n’ont pas été utilisées. Pour Sarkonak, continuer à financer un programme universel dans ces conditions n’a aucun sens, surtout qu’aux yeux de la majorité, la COVID-19 n’est désormais qu’un virus comparable à un rhume.
Des critiques prévisibles
La décision a déclenché des réactions hostiles. Le blogue AlbertaPolitics y a vu une manœuvre électoraliste destinée à plaire à la frange la plus conservatrice du Parti conservateur uni. Le professeur de droit en santé Timothy Caulfield a également critiqué la mesure. Mais Jamie Sarkonak souligne que moins d’un million de personnes réclament encore le vaccin, alors que des millions d’Albertains l’ont délaissé.
Une définition élargie de la vulnérabilité contestée
Sarkonak met en lumière une divergence entre l’approche albertain et les recommandations fédérales. Ottawa propose une couverture vaccinale élargie, notamment pour les « communautés racisées et autres populations défavorisées ». La chroniqueuse note que le gouvernement fédéral invoque des facteurs sociaux comme la pauvreté, le racisme systémique ou la colonisation pour justifier cette inclusion, sans démontrer de mécanisme biologique précis.
Une logique budgétaire assumée
Pour Sarkonak, la décision de Danielle Smith est logique : en temps de ressources limitées, il vaut mieux investir dans l’embauche de médecins plutôt que de financer à perte un programme de vaccination devenu largement impopulaire. D’autres provinces, comme la Colombie-Britannique et le Manitoba, continuent d’offrir la gratuité, mais l’auteure prédit qu’elles finiront par suivre l’exemple albertain.



