Harvard recrute une drag queen pour enseigner les études de genre

Rachel del Guidice, journaliste à Fox News, raconte qu’Harvard vient d’accueillir dans ses rangs une personnalité singulière : Kareem Khubchandani, professeur à Tufts University, qui se produit également sous le nom de scène LaWhore Vagistan. D’origine sud-asiatique, ce chercheur en études de la performance et artiste drag incarne une figure où se mêlent recherche académique, humour et provocation artistique.

D’après ce qu’explique del Guidice, Khubchandani a été nommé professeur associé invité F.O. Matthiessen en études de genre et de sexualité pour l’année 2025-2026. Il proposera deux cours aux étudiants de Harvard : Queer Ethnography à l’automne et RuPaulitics: Drag, Race, and Desire au printemps. Ces enseignements exploreront la façon dont le drag, la race et le désir s’articulent dans la culture contemporaine, à travers une approche mêlant théorie, politique et performance.

La journaliste rappelle que le professeur de Tufts, diplômé en études de la performance à Northwestern University, a déjà publié plusieurs ouvrages, dont Decolonize Drag et Ishtyle: Accenting Gay Indian Nightlife. En octobre, il publiera Lessons in Drag: A Queer Manual for Academics, Artists, and Aunties, un essai-manifeste qui réunit son expérience de chercheur, d’artiste et de pédagogue.

Del Guidice mentionne aussi que LaWhore Vagistan s’est produite à Georgetown University en février 2024 dans le cadre du South Asia Speaker Series. La journaliste étudiante Micaeli Dym, dans The Georgetown Independent, décrivait cette apparition comme un moment à la fois festif et réflexif, où l’artiste déclarait vouloir « remettre le whore dans Lahore », clin d’œil ironique à ses racines pakistanaises et à sa démarche de décolonisation des codes du genre.

Harvard n’a pas commenté cette nomination, mais l’embauche de Khubchandani illustre l’élargissement du champ académique aux formes culturelles issues des marges et des scènes queer. En donnant une place officielle à une artiste drag dans ses cours, l’université prestigieuse confirme l’intégration du drag comme objet d’étude, entre art politique, provocation, recherche identitaire et performance sociale.

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