Jordan Peterson replonge dans la maladie : entre blessure neurologique, traitements controversés et incertitude persistante

Depuis plusieurs années, la trajectoire de Jordan Peterson alterne entre des périodes de productivité intellectuelle intense et des épisodes de santé profondément préoccupants. L’annonce récente d’une rechute vient rappeler à quel point l’état du psychologue demeure fragile — et entouré d’une certaine opacité.

Selon un article du National Post, Peterson serait actuellement engagé dans une nouvelle « bataille infernale » contre une affection neurologique qu’il traîne depuis plusieurs années.

Une rechute d’akathisie décrite comme « infernale »

C’est sa fille, Mikhaila Peterson, qui a révélé la situation dans une longue vidéo diffusée en ligne. Elle y décrit une année « dévastatrice » marquée par une détérioration de l’état de son père et une rechute d’akathisie, une condition neurologique sévère.

L’akathisie, comme le rappelle la Cleveland Clinic, se manifeste par une agitation interne intense, une incapacité à rester immobile et un profond malaise psychique. Bien qu’elle ne soit pas directement mortelle, elle est associée à une détérioration majeure de la qualité de vie, pouvant mener à une anxiété extrême, une dysphorie et même des idées suicidaires.

Mikhaila Peterson parle d’un état « intolérable », affirmant que certains patients n’y survivent pas. Elle-même dit avoir vécu une forme atténuée de cette condition lors du sevrage d’un antidépresseur, expérience qui l’aurait rendue « presque invalide » pendant plus de deux ans.

Une blessure liée aux traitements passés

Toujours selon le National Post, cette rechute serait liée à ce que la famille décrit comme une « ancienne blessure neurologique », attribuée à l’usage passé de médicaments psychiatriques. Jordan Peterson avait notamment été traité pour une dépendance aux benzodiazépines en 2019 — un épisode qui l’avait mené jusqu’en Russie pour un traitement controversé.

Depuis janvier, affirme sa fille, il ne prendrait plus aucun médicament psychiatrique. Pourtant, les symptômes sont réapparus.

Cette situation soulève une question troublante : dans quelle mesure les traitements eux-mêmes — parfois expérimentaux ou extrêmes — ont-ils contribué à fragiliser durablement son état neurologique?

Un enchevêtrement de facteurs aggravants

Mikhaila Peterson évoque plusieurs éléments déclencheurs possibles : un stress intense lié au décès des deux parents de Peterson, un déménagement aux États-Unis, la vente de la maison familiale à Toronto, ainsi qu’une exposition à des moisissures ayant mené à un diagnostic distinct de syndrome inflammatoire chronique (CIRS).

À cela s’ajoute un épisode particulièrement grave survenu à l’automne 2025, alors que Peterson aurait souffert de pneumonie et de septicémie, compliquant encore davantage le tableau clinique.

Selon elle, le principal problème des derniers mois a été une série de diagnostics erronés, retardant la prise en charge adéquate de la condition.

Une amélioration… prudente

Malgré la gravité du tableau, des signes d’amélioration sont rapportés. La famille affirme que l’état de Jordan Peterson progresse maintenant que la condition est abordée comme une blessure neurologique nécessitant du repos, du temps et l’évitement de certains déclencheurs.

« Il y a de la lumière au bout du tunnel », affirme sa fille — une formule prudente, mais qui contraste avec le ton alarmant du reste de son témoignage.

Entre avertissement et controverse sur les médicaments psychiatriques

Un des objectifs déclarés de cette prise de parole est aussi militant. Mikhaila Peterson souhaite sensibiliser le public aux risques associés à certains médicaments psychiatriques, notamment en lien avec l’akathisie.

Elle a d’ailleurs lancé un site web visant à recueillir des témoignages et à diffuser des études sur les effets secondaires potentiels de ces traitements.

Cependant, elle nuance elle-même son propos : les personnes pour qui ces médicaments fonctionnent ne devraient pas interrompre leur traitement sans encadrement. Une mise en garde qui témoigne du caractère délicat — et controversé — de ce débat.

Une figure publique fragilisée par sa propre trajectoire

Le cas de Jordan Peterson est singulier. Il ne s’agit pas seulement d’un intellectuel confronté à la maladie, mais d’un homme dont la pensée, les prises de position et même les habitudes de vie ont souvent été intimement liées à ses propres expériences personnelles.

De la diète carnivore aux traitements en Russie, en passant par ses réflexions sur la dépression, l’ordre et le chaos, Peterson a constamment expérimenté — parfois aux limites du conventionnel.

Aujourd’hui, cette accumulation d’essais, de traitements et de crises laisse entrevoir une réalité plus inquiétante : celle d’un équilibre biologique et neurologique profondément fragilisé, où chaque intervention peut devenir à double tranchant.

Une incertitude qui persiste

Pour l’instant, la famille indique qu’il n’y aura pas d’autres mises à jour publiques, en raison du stress que cela engendre. Le silence qui s’installe pourrait donc durer — comme ce fut déjà le cas lors de précédents épisodes.

Reste une constante : malgré les périodes de retour sur la scène publique, l’état de santé de Jordan Peterson demeure instable, et son évolution difficile à prévoir.

Ce nouvel épisode ne fait que renforcer une impression persistante — celle d’un combat de fond, à la fois médical, personnel et, d’une certaine manière, existentiel.

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