Kim Jong Un : de paria à diplomate assuré lors de son voyage en Chine

Selon un article de Foster Klug de l’Associated Press publié sur ABC News, Kim Jong Un a marqué un tournant diplomatique cette semaine lors d’un rassemblement en Chine réunissant une vingtaine de dirigeants mondiaux. Comme le rapporte Foster Klug de l’Associated Press, le dirigeant nord-coréen est apparu souriant, sûr de lui, et parfaitement intégré à l’un des plus grands événements internationaux de ses 14 années de pouvoir. Cette image tranche fortement avec ses débuts hésitants, marqués par la brutalité et les doutes sur sa capacité à survivre politiquement après la mort de son père en 2011.

En foulant la scène de Pékin aux côtés du président chinois Xi Jinping et du président russe Vladimir Poutine, Kim Jong Un a montré le visage que sa propagande tente de projeter depuis longtemps : celui d’un acteur incontournable sur l’échiquier mondial. Selon Leif-Eric Easley, professeur d’études internationales à l’université Ewha de Séoul, « il apparaît désormais comme un réaliste aguerri et un survivant politique », combinant la répression interne et les ambitions nucléaires avec une diplomatie calculée.

Cette montée en puissance sur la scène internationale a commencé en 2018, lorsque Kim a rencontré Donald Trump à Singapour puis au Vietnam en 2019. Ces sommets inédits entre un président américain et un dirigeant nord-coréen ont échoué à freiner le programme nucléaire de Pyongyang, mais, comme l’explique Jeff Kingston, spécialiste de l’Asie à Temple University Japan, ils ont offert à Kim « la légitimité qu’il recherchait ».

Le voyage à Pékin illustre cette évolution : loin d’un simple passage obligé chez l’allié chinois, il s’est transformé en démonstration de stature internationale. Kim s’est affiché avec assurance lors d’un défilé militaire marquant le 80e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale, allant jusqu’à amener sa jeune fille, perçue comme possible héritière, signe supplémentaire de son assurance.

Historiquement, ses prédécesseurs évitaient les grands sommets multilatéraux, de peur de paraître diminués ou d’être confrontés aux critiques sur les droits humains et les armes nucléaires. Kim, au contraire, a saisi l’occasion de renforcer ses alliances avec Pékin et Moscou, tout en s’imposant comme un partenaire militaire pour la Russie, à qui il a envoyé troupes et matériel en échange d’un soutien économique et stratégique.

Comme le souligne Koh Yu-hwan, ancien président de l’Institut coréen pour la réunification nationale, Kim « est désormais monté sur la scène internationale avec la confiance d’une puissance stratégique, et il a été traité comme tel ». Reste toutefois une interrogation majeure : l’avenir de ses relations avec Washington. Donald Trump manifeste toujours son désir de négocier, mais Pyongyang refuse. Pour Kim, convaincu que l’arme nucléaire demeure la seule garantie de survie pour son régime, la démonstration de force de Pékin pourrait néanmoins renforcer sa position dans de futures discussions.

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