Le Pew Research Center dévoile cinq faits clés sur la chute mondiale de la fécondité

Sofia Hernandez Ramones, Skylar Thomas et Manolo Corichi, dans un article publié le 15 août 2025 sur le site du Pew Research Center, expliquent que la baisse de la fécondité n’est plus seulement une tendance américaine, mais bien un phénomène mondial aux conséquences profondes pour les sociétés. Aux États-Unis, le taux de fécondité total est aujourd’hui estimé à 1,6 enfant par femme en 2025 selon les Nations unies, un niveau bien inférieur au seuil de remplacement des générations, fixé autour de 2,1. Les auteurs rappellent que ce déclin est en grande partie lié à la hausse du niveau d’éducation des femmes, au recul du mariage, à la diminution des grossesses adolescentes et au choix croissant des jeunes adultes d’avoir moins d’enfants qu’auparavant.

La situation n’est pas unique aux États-Unis. En Chine, le taux de fécondité atteint à peine 1,0 enfant par femme, l’un des plus bas au monde, malgré la fin de la politique de l’enfant unique en 2016 et les mesures de soutien financier récemment mises en place. L’Inde, autre géant démographique, a également vu son taux reculer depuis plusieurs décennies.

Les chercheurs montrent qu’en 1950, toutes les régions du monde affichaient des taux de fécondité supérieurs au seuil de remplacement. Aujourd’hui, seules l’Afrique et l’Océanie demeurent au-dessus de ce niveau. L’Afrique, malgré une baisse marquée, reste à 4,0 enfants par femme en moyenne. Ce continent est donc appelé à demeurer le principal moteur de croissance démographique mondiale au cours du XXIe siècle, même si les projections prévoient une descente à 2,0 enfants par femme d’ici 2100. À titre comparatif, l’Amérique latine et les Caraïbes sont passées de 5,8 enfants par femme en 1950 à 1,8 aujourd’hui, tandis que l’Europe stagne à 1,4.

Les données révèlent aussi une transformation dans l’âge des mères. Partout, la part des naissances attribuées aux femmes de moins de 25 ans diminue et devrait continuer de décliner d’ici la fin du siècle. En Afrique, cette proportion passera de 41 % aujourd’hui à 24 % en 2100, tandis qu’en Asie elle chutera de 33 % à 16 %. Cela traduit un report de la maternité vers les tranches d’âge 25-34 ans et au-delà.

Enfin, les auteurs soulignent que plusieurs pays, notamment en Europe et en Asie de l’Est, tentent d’inverser la tendance par des politiques publiques généreuses. L’Islande y consacre environ 3,8 % de son PIB, la Pologne 3,6 %, et le Japon 2,4 %. Ces mesures comprennent allocations familiales, services de garde subventionnés et congés parentaux élargis.

La Chine, pour sa part, subventionne directement les naissances à hauteur de 500 dollars par enfant et par an jusqu’à l’âge de trois ans. Toutefois, Sofia Hernandez Ramones, Skylar Thomas et Manolo Corichi rappellent, à travers les données du Pew Research Center, que les résultats demeurent incertains : il existe peu de preuves qu’un soutien financier, aussi conséquent soit-il, puisse réellement inverser la tendance structurelle à la baisse de la fécondité.

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