Le gouvernement du Québec souhaite rendre hommage à un pan inattendu et fascinant de son histoire : le lien historique entre la province et la famille impériale des Habsbourg. Le ministre québécois de la Culture, Mathieu Lacombe, a confirmé que des discussions sont en cours pour que le légendaire diamant florentin, ainsi que d’autres joyaux impériaux autrichiens gardés secrètement dans un coffre bancaire québécois depuis plus d’un siècle, soient présentés au public au Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ).
Catherine Boucher, attachée de presse du ministre, explique à Stewart Lewis du National Post dans son article que « c’est une histoire tout à fait unique qui relie le Québec à la famille des Habsbourg. Nous pouvons être fiers de la reconnaissance et de la confiance que la famille nous témoigne. » Le ministère collabore déjà avec le musée afin de trouver une façon d’exposer ces pièces d’exception, bien qu’aucun détail concret n’ait encore été arrêté.
L’origine de cette histoire rocambolesque remonte à la Seconde Guerre mondiale. Comme le rapporte The New York Times, les descendants de la dernière impératrice d’Autriche, Zita de Habsbourg, ont récemment révélé que le diamant florentin — que l’on croyait perdu depuis la chute du Troisième Reich — repose depuis des décennies dans un coffre de banque canadien.
Fuyant la montée du nazisme en 1938, l’impératrice Zita avait pris la route de l’exil avec ses huit enfants, transportant dans une simple valise en carton quelques-uns des plus précieux joyaux de la Couronne autrichienne. Après un passage aux États-Unis, la famille trouva refuge au Québec en 1940, où elle mena une existence modeste mais paisible.
« Ma grand-mère se sentait enfin en sécurité, elle pouvait respirer », a confié Karl von Habsburg-Lothringen, petit-fils de Zita, au New York Times. Selon lui, c’est à ce moment-là que la valise fut déposée dans un coffre de banque de la province — où elle est restée intouchée depuis.
Zita retourna en Europe en 1953, mais laissa les bijoux en garde au Québec. Fidèle à son souhait, ses fils Robert et Rodolphe gardèrent le secret pendant cent ans après la mort de leur père, l’empereur Karl Ier, décédé en 1922. Ce n’est que récemment que leurs propres fils — Karl, Lorenz et Simeon von Habsburg-Lothringen — ont levé le voile sur le mystère, découvrant ensemble les joyaux pour la première fois à la banque québécoise.
Le diamant florentin, d’un jaune pâle et pesant 137,27 carats, est considéré comme l’un des joyaux les plus célèbres de l’histoire européenne. Issu de la famille Médicis de Florence, il passa en 1743 dans les mains des Habsbourg pour devenir une pièce centrale des joyaux de la Couronne autrichienne. Lorsque l’empire austro-hongrois s’effondra en 1918, la pierre disparut des radars et fut longtemps tenue pour perdue.
Aujourd’hui, les héritiers souhaitent exprimer leur reconnaissance envers le Canada et le Québec, qui accueillirent leur famille pendant la guerre. « Ce joyau devrait faire partie d’une collection de confiance ici au Canada, pour que le public puisse enfin l’admirer », a affirmé Karl von Habsburg-Lothringen.
Tom Becker, représentant de la famille à Toronto, a confirmé à Stewart Lewis que les Habsbourg se sont engagés à exposer publiquement la collection quelque part au Canada, sans qu’un lieu précis n’ait encore été choisi.
Ce projet, s’il voit le jour, constituerait une première mondiale : le retour à la lumière d’un joyau mythique, symbole à la fois de la grandeur passée de l’Europe et de l’accueil généreux du Québec face à l’exil d’une dynastie impériale.



