Les journalistes de la Presse Canadienne rapportent que les autorités sanitaires de la Saskatchewan ont déclaré le bâtiment occupé par la soi-disant « Reine du Canada », Romana Didulo, et ses partisans comme étant impropre à l’habitation. Cette décision, rendue publique par la Saskatchewan Health Authority (SHA), repose sur la Loi sur la santé publique, section 22, puisque l’édifice – un ancien bâtiment scolaire à Richmound – servait de résidence collective sans être raccordé au système municipal d’égouts.
Selon les informations transmises par courriel, l’ordonnance interdit toute occupation de l’immeuble. Toutefois, elle ne s’applique pas aux roulottes installées sur le site. Toute personne enfreignant cette directive s’expose à des amendes pouvant atteindre 75 000 dollars lors d’une première infraction, assorties d’une pénalité quotidienne de 100 dollars pour chaque jour de non-conformité.
Les événements récents ont été marqués par une intervention policière. Comme le rappelle la Presse Canadienne, la GRC avait arrêté Romana Didulo, son allié et propriétaire du terrain Ricky Manz, ainsi que 14 autres membres du groupe, le mercredi 3 septembre, après l’obtention d’un mandat de perquisition. Bien qu’ils aient été relâchés, Didulo et Manz ont de nouveau été arrêtés dès le lendemain pour avoir enfreint une condition leur interdisant tout contact.
La SHA précise que ses inspecteurs, en collaboration avec la GRC et les autorités municipales, ont rassemblé suffisamment d’éléments pour conclure à un risque pour la santé publique. L’ordre restera en vigueur jusqu’à ce que les lacunes constatées soient corrigées à la satisfaction d’un agent de santé publique.
Du côté du mouvement de Didulo, une vidéo publiée en ligne samedi montre deux figures du groupe, Darlene Ondi et Christopher Justin Maffenbeier, présenté comme « second premier ministre du royaume du Canada ». Ils affirment que les membres ont été contraints de quitter les lieux sans préavis et se sont installés ailleurs, dénonçant une mesure « inhumaine, indécente et illégale ».
Les autorités judiciaires s’intéressent déjà de près à Didulo et Manz. Comme le souligne la Canadian Press, les deux sont accusés d’avoir tenté d’intimider un participant au système judiciaire plus tôt cette année, et Manz avait déjà été inculpé en juillet pour agression contre deux policiers. La perquisition récente a permis de saisir 13 répliques d’armes semi-automatiques, des munitions et divers appareils électroniques, après qu’un signalement ait fait état de la présence d’une arme réelle à l’intérieur.
Dans le village de Richmound, la présence du groupe suscite depuis des mois un profond malaise. Les élus municipaux ont même dû limiter l’accès au bureau du village aux rendez-vous préalablement fixés, invoquant des actes d’intimidation et de harcèlement envers le personnel.
Ainsi, cette affaire illustre à la fois les défis de sécurité publique posés par les groupes conspirationnistes et la vigilance accrue des autorités sanitaires et policières pour protéger la population locale.



