Dans une chronique au Niagara Independent datée du 29 août 2025, Catherine Swift soutient que, si la taxe carbone fédérale visible à la pompe a été abandonnée, une « version 2.0 » persiste sous une autre forme : la Réglementation sur les combustibles propres. Selon Swift, ces règles agissent comme une taxe « plus sournoise » parce qu’elles ne s’affichent pas explicitement sur le reçu d’essence, tout en renchérissant graduellement le coût du carburant. Elle écrit que la Réglementation sur les combustibles propres pourrait ajouter 17 ¢ par litre d’essence et 16 ¢ par litre de diesel d’ici 2030, une hausse qu’elle juge inévitablement refilée aux consommateurs.
Des objectifs climatiques… et une facture « cachée »
Swift rappelle que la Réglementation sur les combustibles propres, entrée en vigueur à la mi-2023, vise à réduire l’intensité carbone de l’essence et du diesel par un système de crédits. L’objectif déclaré : –15 % d’ici 2030. Pour y parvenir, écrit-elle, Ottawa pousse à incorporer davantage de carburants dits « à plus faible teneur carbone » — éthanol, biodiesel — et à accélérer le remplacement des véhicules thermiques par des voitures électriques (VE). Toujours d’après Swift, si les producteurs n’atteignent pas les cibles, ils doivent acheter des crédits, des coûts qui se répercutent in fine sur les prix payés par les ménages et les entreprises.
Paperasserie et effets régressifs
Swift insiste aussi sur la paperasserie : au-delà du renchérissement, la Réglementation sur les combustibles propres impose un marché de crédits complexe qui ajoute des coûts administratifs aux entreprises. Comme « pratiquement tout ce que nous consommons doit être transporté », écrit-elle, la chaîne de prix des biens et services s’en trouve gonflée, avec un effet régressif frappant plus durement les ménages à faible revenu, moins en mesure d’absorber la hausse énergétique ou de se tourner vers des substituts coûteux comme un VE.
Combien ça coûte? l’estimation citée par Swift
Pour illustrer l’ampleur de la facture, Swift rapporte l’estimation de Dan McTeague (Canadians for Affordable Energy) : environ 1 300 $ par Canadien annuellement liés à la Réglementation sur les combustibles propres. Elle présente ce chiffre comme un ordre de grandeur du poids cumulatif qui s’ajouterait à un coût de la vie déjà élevé.
« Leadership » climatique ou pari isolé?
Toujours selon Swift, des ministres libéraux se seraient félicités que « nul autre pays » n’ait tenté une politique semblable, y voyant un signe de leadership. Elle avance au contraire que cette solitude réglementaire s’explique par les risques inflationnistes et les atteintes à la compétitivité qu’entraîneraient de telles normes. Elle souligne en outre les limites technologiques : une large part des véhicules, des équipements industriels, de l’aérien et d’autres machines ne peuvent pas encore fonctionner uniquement aux batteries, à l’hydrogène ou à l’éthanol. D’où, écrit-elle, de sérieuses questions de faisabilité et même sur l’impact réel de la Réglementation sur les combustibles propres sur les GES.
Des impacts régionaux inégaux, cite swift en s’appuyant sur le DPB
Swift invoque une étude du Directeur parlementaire du budget (DPB/PBO) concluant que les coûts diffèrent selon les provinces, avec des effets plus lourds en Saskatchewan, Alberta, Terre-Neuve-et-Labrador, des économies plus exposées à la production de carburants. Elle y voit la confirmation que certaines régions « paieront davantage ». Swift ajoute, de façon critique, que ce déséquilibre régional n’aurait « probablement pas pesé » sur l’arbitrage politique d’un gouvernement libéral peu électoralement présent dans ces provinces.
Une taxe « enterrée dans les prix » et méconnue du public
Swift s’appuie aussi sur des recherches de Ressources naturelles Canada signalant que peu de Canadiens saisissent l’effet de la Réglementation sur les combustibles propres sur les prix. Elle y voit la preuve d’une opacité : la taxe serait « enterrée » dans la structure de coûts, plutôt que visible à la pompe comme l’ancienne taxe carbone. C’est précisément pour cette raison, écrit-elle, que Pierre Poilievre cible désormais cette « Taxe carbone 2.0 » : plus on en parle, plus l’opposition grandira. Swift rappelle la promesse de Poilievre d’« abolir toutes les taxes carbone pour de bon ».
Le contexte budgétaire selon swift : dépenses et pression fiscale
Enfin, Swift replace le débat dans la conjoncture budgétaire. Elle écrit que les plans de dépenses du gouvernement Carney et un service de la dette dépassant 50 G$ par an laissent présager d’autres hausses d’impôts si les libéraux demeurent au pouvoir. À ses yeux, le Canada est déjà « très fortement taxé », ce qui mine le niveau de vie et la performance économique. D’où sa conclusion : abroger la Réglementation sur les combustibles propres (que Swift désigne parfois aussi sous l’acronyme CFS) offrirait « au moins un certain répit » au fardeau fiscal.



