Transition forcée : l’Afrique victime collatérale du dogme écologiste occidental

Un nouveau rapport conjoint du Macdonald-Laurier Institute (MLI), du Center for North American Prosperity and Security et du groupe Prosperity, Not Poverty, met en lumière une contradiction majeure dans la politique énergétique occidentale : alors que les pays du Nord profitent encore largement des énergies fossiles, ils privent l’Afrique de ces mêmes ressources au nom de la lutte contre les émissions de carbone.

Dans cette étude intitulée (Dis)empowering Africa: How the West’s energy policies fuel poverty in the continent, la professeure Brenda Shaffer soutient que les institutions financées par l’Occident — notamment la Banque mondiale et l’Agence internationale de l’énergie (AIE) — imposent aux nations africaines des restrictions énergétiques qui freinent leur développement. Ces politiques, selon elle, « affament » littéralement le continent en interdisant les investissements dans le gaz naturel et le charbon, tout en exigeant une transition prématurée vers les énergies renouvelables.

Les conséquences sont dramatiques : environ 400 millions d’Africains vivent encore sans électricité, tandis que 80 % de la population de l’Afrique subsaharienne doit cuisiner avec des combustibles toxiques comme le bois ou le charbon de bois, provoquant plus de 800 000 morts par an à cause des fumées domestiques.

Shaffer souligne l’hypocrisie du discours occidental, qui met la priorité sur la réduction des émissions plutôt que sur la lutte contre la pauvreté énergétique. « La Banque mondiale et les agences onusiennes favorisent des énergies coûteuses et intermittentes, comme le solaire, tout en bloquant des projets gaziers abordables qui pourraient transformer la vie des Africains », écrit-elle.

Cette approche, poursuit la chercheuse, mine la crédibilité morale du monde occidental et alimente un ressentiment croissant envers les pays riches. Pendant que l’Afrique doit se contenter de panneaux solaires fonctionnant quelques heures par jour, les économies occidentales continuent de dépendre largement des combustibles fossiles pour assurer leur stabilité énergétique.

Le rapport met aussi en garde contre les conséquences géopolitiques de cette double norme : en coupant les sources de financement pour les projets d’énergie fossile, les gouvernements occidentaux ouvrent la voie à la Chine, qui multiplie les partenariats énergétiques sur le continent. Pékin, moins contraint par les considérations environnementales, finance de grandes centrales électriques et gagne ainsi en influence stratégique auprès de nombreux pays africains.

« Les décideurs occidentaux prétendent qu’il est possible pour l’Afrique de “sauter” directement du bois de cuisson aux énergies renouvelables modernes », écrit Shaffer. « Mais il n’existe aucun modèle viable de ce type : les énergies renouvelables ne peuvent fournir une électricité fiable sans un socle énergétique stable — gaz, charbon ou nucléaire. »

Ce double discours, conclut le rapport, maintient artificiellement l’Afrique dans la dépendance et la pauvreté, tout en permettant à la Chine de se présenter comme le véritable partenaire du développement. Pour le Macdonald-Laurier Institute, il est urgent que le Canada et ses alliés révisent leurs politiques de financement afin de concilier transition énergétique et croissance économique réelle.

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