Trump songe à reconnaître le Somaliland pour des intérêts stratégiques

Dans un article publié par Fox News le 28 août 2025, le journaliste Paul Tilsley rapporte que le président américain Donald Trump envisagerait une initiative diplomatique et militaire audacieuse en Afrique : la reconnaissance du Somaliland comme État indépendant. Selon Tilsley, une telle décision offrirait à Washington un nouveau point d’ancrage stratégique face aux avancées de la Chine et de la Russie sur le continent, tout en renforçant la lutte contre les groupes islamistes tels qu’al-Shabab et l’État islamique.

Le Somaliland, situé sur la côte sud du golfe d’Aden, s’est séparé de la Somalie en 1991. Bien que non reconnu internationalement, son gouvernement propose aux États-Unis d’établir une base aérienne et navale à Berbera, en échange d’une reconnaissance officielle. Paul Tilsley souligne l’importance stratégique de ce territoire : environ 30 % du trafic maritime mondial passe par ses eaux vers le canal de Suez.

Lors d’une cérémonie à la Maison-Blanche le 8 août dernier, Trump a répondu à une question sur le Somaliland en déclarant : « Nous étudions cela en ce moment », confirmant que le dossier est activement à l’agenda de son administration.

Le sénateur républicain du Texas Ted Cruz, président du sous-comité sénatorial sur l’Afrique, a confié à Fox News Digital qu’il existait « une réelle possibilité que le président Trump reconnaisse le Somaliland pendant ce mandat ». Cruz a salué le rôle de cet allié « fiable » qui, selon lui, contribue à contrer l’influence chinoise et à renforcer la sécurité américaine. Dans une lettre adressée début août au président, il écrivait que « le Somaliland a émergé comme un partenaire essentiel en matière de sécurité et de diplomatie ».

Paul Tilsley rappelle que la Somalie voisine demeure en proie aux violences islamistes, avec al-Shabab actif à Mogadiscio et au-delà. Le Somaliland, de confession musulmane à 99 %, affirme avoir éliminé l’extrémisme de son territoire et s’est rapproché non seulement des États-Unis, mais aussi d’Israël. Le président somalilandais Abdirahman Mohamed Abdullahi a même confié au Guardian britannique que la reconnaissance internationale n’était qu’« une question de temps ».

La pièce maîtresse de cet éventuel accord reste le port de Berbera et sa piste d’aviation parmi les plus longues d’Afrique. D’après les analystes cités par Tilsley, la Russie et la Chine ont déjà tenté d’acquérir l’accès à cette infrastructure. Washington y verrait la possibilité de frapper directement les Houthis du Yémen ou al-Shabab en Somalie. Le Somaliland offre en outre des ressources en minéraux stratégiques, tels que le lithium et le quartz de silicium, dont dépendent les industries de haute technologie.

Pour l’instant, la position officielle de Washington reste inchangée. Le Département d’État a rappelé que les États-Unis reconnaissent toujours « la souveraineté et l’intégrité territoriale de la République fédérale de Somalie, qui inclut le Somaliland ». Néanmoins, Paul Tilsley note que les diplomates américains multiplient les visites à Hargeisa, et que le président Abdullahi pourrait bientôt être reçu à Washington.

Ainsi, l’article de Fox News met en évidence un débat grandissant à Washington : faut-il maintenir la politique du « One Somalia » ou rompre avec elle pour sécuriser une position stratégique clé dans la Corne de l’Afrique ?

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