Dans la nuit de lundi à mardi, les Québécois auront droit à un rendez-vous astronomique aussi spectaculaire que paisible : une éclipse totale de Lune qui transformera la pleine lune de mars en « lune de sang ». Visible d’un océan à l’autre au Canada, le phénomène marquera la dernière éclipse lunaire totale avant la fin de 2028.
Une éclipse totale visible partout au pays
Selon Aaron D’Andrea, qui rapporte l’information pour Global News, la NASA confirme qu’une éclipse totale de Lune sera visible à travers tout le Canada dans la nuit du 2 au 3 mars 2026. Le phénomène survient lorsque la Terre s’aligne parfaitement entre le Soleil et la Lune, projetant son ombre sur la surface lunaire.
Comme l’explique la NASA sur son site web, cette configuration ne peut se produire qu’au moment de la pleine lune. La Lune prend alors une teinte rougeâtre profonde — d’où l’expression populaire « blood moon » — en raison de la lumière solaire filtrée par l’atmosphère terrestre.
D’après les horaires relayés par Global News, la phase pénombrale débutera à 3 h 44 (heure de l’Est), soit 0 h 44 dans le Pacifique. La totalité commencera à 6 h 04 (3 h 04 dans le Pacifique) et durera environ une heure. L’éclipse se dissipera complètement vers 9 h 23 (6 h 23 dans le Pacifique).
Toujours selon le reportage de D’Andrea, la NASA rappelle qu’aucun équipement spécial n’est requis : une vue dégagée du ciel suffit.
Une observation plus « relax » qu’une éclipse solaire
Dans son article, Global News cite également Catherine Miller, de l’Observatoire Mittelman du Middlebury College, qui a déclaré à The Associated Press que, comparativement à une éclipse solaire, « l’éclipse lunaire est un peu plus détendue dans son rythme ».
Contrairement aux éclipses solaires, qui nécessitent des lunettes de protection et se déroulent sur un laps de temps très court, l’éclipse lunaire s’étire sur plusieurs heures et peut être observée sans danger à l’œil nu.
La Pleine Lune des vers… avant de rougir
De son côté, Scott Sutherland, météorologue et rédacteur scientifique pour The Weather Channel, souligne que la soirée débutera sous une apparence tout à fait normale : celle de la dernière pleine lune de l’hiver, connue sous le nom de « Worm Moon » (Pleine Lune des vers).
Dans son article publié le 1er mars 2026, Sutherland rappelle que les noms traditionnels des pleines lunes ont été popularisés par les almanachs agricoles et s’inspirent en grande partie des calendriers lunaires autochtones du nord-est des États-Unis et de la région des Grands Lacs.
Longtemps, on a cru que l’appellation « Worm Moon » faisait référence aux vers de terre réapparaissant au printemps. Toutefois, comme le note The Weather Channel en citant The Old Farmer’s Almanac, des recherches ultérieures suggèrent qu’il s’agirait plutôt de larves de coléoptères émergeant de l’écorce des arbres à la fin de l’hiver.
Sutherland précise aussi que différentes nations autochtones donnaient d’autres noms à cette lune : chez les Haïdas, elle était associée à l’oie ; chez les Cris, à l’aigle ; chez les Omahas, à la grenouille ; tandis que certains peuples sioux la nommaient « lune des yeux douloureux », en référence à l’éblouissement causé par la réverbération du soleil sur la neige.
Une visibilité variable selon les régions
Toujours selon Scott Sutherland dans The Weather Channel, l’expérience d’observation dépendra fortement du fuseau horaire.
Plus on se trouve à l’est du pays, plus l’éclipse se produira près de l’aube, ce qui signifie que la Lune pourrait disparaître sous l’horizon avant la fin complète du phénomène. En Atlantique, seules les phases partielles seront visibles avant le coucher de la Lune.
À partir du Québec vers l’ouest, au moins une portion de la phase totale pourra être observée. Dans l’Ouest canadien, les observateurs pourront profiter presque intégralement de l’heure complète de totalité.
La dernière avant 2028
Selon les informations relayées par Global News, la NASA indique que la prochaine éclipse lunaire totale ne surviendra pas avant la fin de 2028. Bien que des éclipses solaires et lunaires se produisent entre quatre et sept fois par année, toutes ne sont pas visibles au même endroit sur la planète.
Une éclipse lunaire partielle est déjà prévue en août prochain et sera visible à travers les Amériques, l’Europe, l’Afrique et l’ouest de l’Asie.
Un spectacle simple, gratuit — et éphémère
Si le ciel est dégagé dans la nuit de lundi à mardi, il suffira donc de lever les yeux pour assister à un phénomène qui ne se répétera pas avant plusieurs années. Pas de lunettes spéciales, pas de télescope obligatoire : seulement le silence de la nuit, une pleine lune d’hiver… et, pendant une heure, une teinte rouge profonde rappelant que nous faisons partie d’un système céleste en mouvement constant.
Pour les couche-tard ou les lève-tôt, le rendez-vous est fixé entre minuit et l’aube.



