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Fusillade dans une école américaine sur fond de débat sur l’identité de genre

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Le 27 mars, l’école primaire Covenant de Nashville dans le Tennessee a été le théâtre d’une tuerie qui a fait 6 morts, dont la directrice de l’établissement et 3 enfants de neuf ans. La tireuse est entrée dans le bâtiment après avoir tiré sur les portes vitrées. Armée de deux fusils, d’un pistolet et d’une importante quantité de munitions, elle a tiré durant une période de 14 minutes. À partir d’une fenêtre du 2e étage, elle a ouvert le feu sur les véhicules de police qui arrivaient sur les lieux. Elle s’est ensuite fait abattre par un officier à l’intérieur de l’édifice.

L’auteure de la fusillade, Audrey Heale, était une femme de 28 ans qui s’identifiait comme homme trans et utilisait les pronoms « il/ lui ». Elle serait une ancienne élève de cette école privée chrétienne, fondée en 2001 en tant que service de l’Église presbytérienne. Le chef de la police de Nashville John Drake a dit aux journalistes que la police avait découvert un manifeste détaillant ses plans et ses motivations pour l’attaque ainsi que des cartes détaillées de l’école lors d’une perquisition à sa résidence.

Récupération

Chaque fois que survient une horrible fusillade de ce type aux États-Unis, la récupération politique n’attend pas que les corps des victimes refroidissent. La volonté de faire porter le blâme à ses adversaires idéologiques est observable dans tous les camps idéologiques, y compris le pouvoir politique et sa classe médiatique.

Suite à l’attentat de Buffalo, lors duquel un ethno-nationaliste blanc a tué 10 personnes de race noire dans un supermarché le 14 mai 2022, les médias de masse ont lancé une série d’articles condamnant l’animateur de FOX News Tucker Carlson. Pourtant, ce dernier n’était pas mentionné dans le manifeste du tireur. L’opposition à l’immigration massive et illégale suffisait à faire partager la responsabilité à Carlson et à d’autres commentateurs conservateurs influents.

Après l’attentat au Club Q de Colorado Springs en novembre 2022, le Démocrate secrétaire aux Transports Pete Buttigieg a blâmé les attaques politiques à l’endroit de la communauté LGBTQ+. Pourtant, rien n’était su au sujet des motivations du tireur, qui s’est par la suite avéré être un individu s’identifiant comme non binaire.

En 2017, l’activiste de gauche James Hodgkinson a blessé quatre hommes, dont deux gravement, lors d’une fusillade survenue à l’entrainement Républicain pour le match de baseball du Congrès. Atteint à la hanche, l’état du Représentant Steve Scalise (LA-1) fut considéré comme critique. Hodgkinson avait été un bénévole pour Bernie Sanders et se disait un admirateur de l’animatrice de MSNBC Rachel Maddow. Pourtant, on ne trouve pas une série d’articles faisant porter le blâme à Rachel Maddow, alors qu’elle diabolisait régulièrement le parti Républicain lors de son programme et qu’elle a moussé quotidiennement pendant le maintenant débouté scandale Russiagate.

Bien que le pointage du doigt ne soit pas unidirectionnel, le poids médiatique de la « bien pensance » fait pencher la balance.

Quand il n’y a pas d’idéologie en cause [ou que le drame ne peut pas être instrumentalisé dans le « bon » sens], vient la récupération par les tenants du contrôle des armes à feu. La machine Démocrate blâme alors la NRA et les défenseurs du deuxième amendement. À noter que le but de l’amendement n’a jamais été de protéger les criminels ou les tireurs fous, mais de permettre au peuple de se défendre advenant que le régime devienne tyrannique.

Débats acrimonieux au Tennessee

Au moment d’écrire ces lignes, le contenu du manifeste d’Audrey Heale n’a pas encore été révélé, mais les mises en cause ont été lancées de part et d’autre. Il est néanmoins possible que la trans identité de la tireuse et le caractère religieux chrétien de l’établissement visé aient motivé la fusillade. Les groupes religieux s’opposent aux revendications LGBTQ+.

Le gouverneur du Tennessee Bill Lee a promulgué deux lois en lien à la mouvance LGBTQ+. La loi 1 interdit les chirurgies de transition sexuelle et les traitements hormonaux pour les mineurs. La loi 9  vise à encadrer les performances « pour adultes » y compris celles par des « personnificateurs masculins et féminins », qui ne pourront plus être présentées dans des endroits où peuvent se trouver des mineurs. La législation a été déposée dans la foulée d’une vague de controverses sur les spectacles de drag queens destinés aux enfants. Rapport à la récupération, il y a des militants wokes qui blâment ces lois pour la tuerie.

Le groupe de défense des droits et de lobby LGBTQ+ Human Rights Watch parle « d’attaque envers les personnes LGBTQ+ ». Les performances en drag sont « criminalisées », peut-on lire sur leur communiqué de presse au sujet des lois du Tennessee. Une page qui abonde de liens vers des articles ou statistiques qui défendent leur idéologie et attestent la victimisation des personnes transgenres, mais qui ne renvoie pas aux deux textes de loi.

L’inclusion de mâles biologiques dans les compétitions féminines ou autres espaces réservés aux femmes, tels que les vestiaires ou prisons suscite de vives controverses. Par ailleurs, l’insistance de drag queens et personnages trans pour lire des contes aux enfants [et potentiellement leur exposer la théorie du genre] fait régir les parents. Sans parler des performances de drag auxquelles sont conviés les petits.

Dans la tourmente, le trans-activisme durcit le ton. On s’acharne contre JK Rowling parce qu’elle s’oppose à ce que la notion d’identité de genre supplante le sexe. Toutes les féministes critiques du genre, appelées péjorativement TERFs [Trans-Exclusionary Radical Feminist] sont ciblées par les trans-activistes. La militante pour les droits des femmes Posie Parker a été bombardée d’oeufs et aspergée de soupe à la tomate alors qu’elle allait prononcer un discours lors de sa tournée en Nouvelle-Zélande. Les activistes trans et LGBTQ+ perturbent régulièrement les événements organisés par des féministes critiques du genre ou par des représentants de l’alliance LGB [qui tient à se dissocier du TQ+].

Bien que le ton monte des deux côtés, c’est du côté LGBTQ+ qu’on remarque des appels au meurtre sur des vêtements ou pancartes [Kill TERFs], et des menaces de violence comme [Trans Rights or else] sur un t-shirt où le drapeau trans est représenté par des fusils. À noter la proximité entre militants LGBTQ+ et Antifa, qui a monté la garde devant des événements Drag pour enfants. Les groupes s’associent pour l’événement « Trans Day of Vengeance » [Jour de la vengeance trans] prévu à DC ce 1er avril 2023. Aucun autre groupe n’a actuellement une rhétorique aussi violente, hormis d’éventuels groupuscules néo-nazis.

Du moment que ces militants trans s’imaginent sérieusement en proie au génocide, ils n’ont plus d’emprise sur réel. Le refus de valider la théorie du genre ou d’obtempérer avec leurs pronoms n’ont rien d’une mise à mort. Les projets de loi ci-haut mentionnés non plus.

L’organisme LGBTQ+ à but non lucratif the Trevor Projet a réalisé un sondage en ligne [à la méthodologie questionnable] auprès de 34,000 jeunes LGBTQ+ âgés de 13 à 24 [dont les deux tiers s’identifient comme trans]. Les résultats révèlent de hauts taux de symptômes d’anxiété, de dépression et d’idées suicidaires. La transphobie causerait des problèmes de santé mentale…

Il faut peut-être considérer le portrait à l’envers. Ce ne sont peut-être pas les jeunes LGBTQ+ qui ont des troubles psychologiques, mais des diagnostics de dysphorie du genre attribués erronément alors qu’il s’agit de problèmes de santé mentale. L’idéologie queer, avec son spectrum du genre et ses notions hurluberlues, vient ensuite ajouter à la confusion et à la détresse, sans parler des thérapies hormonales et des bloqueurs d’hormones qui vont de surcroît impacter sur la psyché.

Pour en revenir à l’école Covenant, Audrey Heale prenait-elle de la testostérone? C’est une question légitime. Que sa motivation soit politique ou qu’il s’agisse d’un grief contre son ancienne école, la question de la santé mentale figure au premier plan. Qui s’en prend à des enfants?

On ne peut pas amalgamer tous les membres d’un groupe à ceux des leurs qui commettent des actes de violence. Tous les militants trans ne devraient pas porter le poids de ce geste odieux. Ce drame s’inscrit toutefois sur toile de fond du débat social acrimonieux sur l’identité de genre et ne fera rien pour l’apaiser. La nature des protagonistes l’en rend difficilement dissociable. Les trans-activistes gagneraient toutefois à dénoncer les agressions envers les « TERFs » ainsi que les appels à mort émanant de leurs propres rangs. Plus leur mouvance se fanatisera, et moins il sera aisé de la dissocier de cet épouvantable attentat.   

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