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Avons-nous besoin des belles-mères en politique ?

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Non, nous ne parlons pas de votre belle-mère. Aussi étrange ou désagréable qu’elle puisse être, nous parlons des anciens chefs de partis qui ressortent par les temps qui courent au Québec dans l’actualité. Vous les avez vus : Jean Charest, Jean Chrétien, Pauline Marois, Philippe Couillard, Lucien Bouchard et les deux frères Johnson. Sur plusieurs enjeux, dont le projet de loi 15 et la renaissance du Parti Québécois. Est-ce vraiment pertinent de les ramener dans l’actualité? Eux qui sont pourtant responsables d’une bonne partie du marasme dans lequel nous vivons au Québec? C’est ce que nous allons voir.

La réforme Dubé en santé fait couler beaucoup d’encre. Le projet de loi 15, qui créera une autre infrastructure nommée Agence santé Québec, un véritable monstre bureaucratique qui abolira nombre d’intermédiaires. Six premiers ministres du Québec ont pris la parole pour demander au ministre de reculer. Une première dans l’histoire du Québec moderne. Nous parlons à la fois d’anciens premiers ministres libéraux (Philippe Couillard, Jean Charest, Daniel Johnson Jr.) et péquistes (Pauline Marois, Pierre-Marc Johnson, Lucien Bouchard).

Cependant, s’ils ont raison d’évoquer le danger d’une grande centralisation, et l’abolition de l’autonomie de certains centres universitaires et de fondations, rappelons néanmoins que tous ces premiers ministres, de Daniel Johnson Jr à Philippe Couillard ont grandement précarisé le système de soins du Québec. Pour s’en convaincre, il s’agit de regarder n’importe quel journal datant des années 90 pour se rendre compte que le temps d’attente dans les hôpitaux a toujours été un problème majeur. Et que ce temps n’a fait qu’augmenter sous les différents gouvernements qui se sont succédé.

Pour une fois, rendons à Gabriel Nadeau-Dubois ce qui lui revient, de ne pas avoir endossé le contenu de la lettre des premiers ministres, car celui-ci estime que personne n’a à recevoir de leçons de gestion de la part de Philippe Couillard. Rappelons que c’est sous son mandat que Gaétan Barrette a fait sa propre réforme qui a centralisé beaucoup d’agences régionales. Ainsi, des spécialistes de Sherbrooke sont maintenant obligés d’offrir leur service à Lac-Mégantic et les gens doivent se déplacer toujours plus loin pour accéder à des soins qui devraient être offerts à proximité de leur domicile.

Selon l’IRIS, l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques :

« Si le premier schéma illustre bien la lourdeur de l’organisation créée par le projet de loi 15, il montre aussi la quantité de pouvoir concentrée entre les mains d’une seule personne: le PDG de Santé Québec. La volonté du ministre Dubé de confier à un « super-gestionnaire » la direction de l’ensemble des services de santé et des services sociaux de la province repose sur l’illusion qu’il est possible, et même efficace, de planifier et de gérer un système aussi complexe que le réseau de la santé de manière ultra-centralisée.

Or, ce préjugé ne s’appuie sur aucune donnée probante. Au contraire, les exemples historiques de planification centralisée et autoritaire de systèmes complexes ayant abouti à des résultats désastreux sont nombreux ».

Oui, dans un sens, cette réforme s’annonce être une très mauvaise chose, mais est-ce vraiment la mission des anciens premiers ministres, qui ont tous poussé vers toujours plus de centralisation de faire la leçon au ministre Dubé? Dans le langage politique québécois, nous appelons ces gens des belles-mères.

Sur le dossier de l’indépendance et de la langue française, nous voyons le bout du nez de certains premiers ministres que nous aimerions oublier. Jean Chrétien, Jean Charest et Pauline Marois. Radio-Canada a ressorti Jean Chrétien à l’automne de sa vie pour dire que les jeunes ne s’intéressent pas à l’indépendance, pendant que Jean Charest dénonce la hausse des droits de scolarité pour les étudiants canadiens. Monsieur printemps 2012 n’a aucune leçon de finances universitaires à donner à François Legault, aimerions-nous le rappeler.

Quant à Pauline Marois, elle est quand même à l’origine de la grande défaite de son parti après des élections anticipées sous le prétexte d’obtenir un mandat majoritaire pour appliquer sa fameuse charte des valeurs. Nous connaissons la suite. Philippe Couillard a été élu sans difficulté après seulement deux années d’un mandat péquiste chaotique, et a fait reculer le français au Québec comme jamais depuis l’adoption de la loi 22 sur la langue officielle du Québec sous Robert Bourassa en 1974. Le PQ était à reconstruire, et nous le devons ses récents succès à Paul St-Pierre Plamondon, pas à Pauline Marois ni Jean-François Lisée et encore moins Pierre-Karl Péladeau.

Nous voulons regarder de l’avant, que nous soyons fédéralistes ou indépendantistes. Il se passe en ce moment des choses fantastiques sur le plan politique. Des débats de société se font et mobilisent plusieurs personnes. Il est bien mal placé que les responsables du marasme dans lequel nous vivons depuis une vingtaine d’années viennent donner des leçons sur comment leurs successeurs devraient gérer les ministères, les universités ou le projet d’indépendance.

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