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Bannissement du gaz à Montréal : une décision insensée

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C’est la même semaine où des rumeurs de hausse des tarifs d’Hydro-Québec commençaient à émerger que la Ville de Montréal a décidé de bannir tout nouveau branchement au gaz naturel sur son territoire. Tout un timing, quand même! On voudrait délibérément appauvrir la population en un moment déjà difficile qu’on ne s’y prendrait pas mieux.

Il y a quelque chose de révoltant dans le fait de saboter aussi soudainement la sécurité énergétique québécoise par signalement de vertu. Pendant des décennies, les Québécois ont été habitués à une prospérité énergétique rare dans le monde. Nous avions construit tant de méga-barrages que nous produisions littéralement trop d’électricité. Ces dernières années, on a réalisé que cette prospérité s’effritait rapidement et que sans investissements massifs dans le secteur, on se rapprocherait de plus en plus des déficits.

Et au même moment, au fédéral comme au provincial, on a décidé d’en rajouter une couche en se lançant dans la grande croisade de la transition énergétique, visant à électrifier le parc automobile et le chauffage résidentiel. Ces mesures augmentant radicalement (et artificiellement) la demande pour les prochaines années, on sacrifiait encore davantage la sécurité énergétique québécoise.

Depuis un an, la nouvelle est sortie et le gouvernement Legault a lancé l’alarme, déclarant qu’il faudrait construire « l’équivalent de la moitié d’Hydro-Québec actuellement » d’ici 2050. Le ministre Fitzgibbon révélant d’ailleurs qu’il ne pourrait même pas accepter la moitié des projets de développement industriel en raison de la raréfaction de l’énergie au Québec. On a donc commencé à tenter de vendre le concept de « sobriété énergétique », qui n’est au bout du compte qu’un euphémisme pour « austérité énergétique ».

Car c’est littéralement vers là qu’on se dirige : l’austérité énergétique. Nous n’avons pas, à l’heure actuelle, les moyens de nos ambitions. On ne cesse de bannir et d’entraver tout le secteur de l’énergie au moment où on en a le plus besoin.

Et tout ça relève, comme je l’ai mentionné, du signalement de vertu, le Québec jouant un rôle mineur dans les émissions mondiales et surpassant déjà beaucoup les objectifs de la majorité de ses homologues. En d’autres termes : le Québec est parmi les États les plus verts sur terre, produit 94% de son électricité par hydroélectricité, mais cherche quand même à laver plus blanc que blanc et présente tout ça dans une urgence alarmiste, voire paranoïaque.

Dernier zèle en date? Une véritable guerre contre le gaz naturel, qui est pourtant reconnu comme une énergie de transition essentielle partout sur terre. Non seulement le gouvernement Legault a banni tout nouveau projet d’exploitation alors que nous possédons parmi les plus grandes réserves sur terre, non seulement l’Europe en aurait grandement besoin pour se départir de sa dépendance au gaz russe, mais en plus de ça, quelques fanatiques au niveau municipal font des pressions pour bannir son usage dans le chauffage résidentiel ou pour les cuisinières.

Dans un récent article, un expert expliquait son agacement fanatique au sujet de l’appellation « gaz naturel » et proposait de la remplacer par « gaz fossile ». La volonté de diaboliser la ressource est évidente. Mais il faut vraiment vivre dans un pays vert comme le Québec pour faire un tel excès de zèle.

La réalité, c’est qu’en 2023, une immense proportion des émissions de GES est due à la consommation extrêmement polluante de charbon et de lignite dont la seule alternative crédible demeure le gaz naturel. Ainsi, exploiter et vendre du gaz naturel permettrait de réduire beaucoup plus significativement les émissions de GES globales qu’un bannissement ridicule du chauffage au gaz à Montréal, qui s’apparente à un « micro-management » un peu vain.

On a d’ailleurs un exemple flagrant de l’absurdité et du caractère contre-productif de ces lois près de chez nous. En effet, avec la loi sur l’électricité propre du gouvernement Trudeau, on tente de limiter drastiquement la production d’électricité au gaz naturel au Canada. Dans le cas de l’Alberta, ça ne fait absolument aucun sens : la province a passé les dernières années à réduire massivement son empreinte carbone (probablement plus que toutes les autres provinces) en passant du charbon au gaz naturel. Et maintenant, au lieu de la féliciter, le fédéral tente de saboter tout ça et la ramener dans une insécurité énergétique assurée.

Insécurité énergétique en Alberta… Faut le faire! La première ministre Danielle Smith a ainsi annoncé son intention de se prévaloir de la clause dérogatoire et de ne pas appliquer cette loi fédérale sur son territoire. En réalité, cette loi est tout simplement inapplicable.

On voit donc comment la rationalité semble avoir complètement quitté cet agenda environnementaliste. On est prêt à sacrifier la prospérité de nos pays et faire souffrir une population déjà grandement affectée par l’augmentation du coût de la vie pour quelques décimales de pourcentage d’émission dans un monde qui continue de carburer au charbon.

Et surtout, ce qu’on semble ne pas comprendre, c’est que des sociétés vivant des déficits énergétiques retombe très facilement dans des énergies beaucoup plus polluantes. En Pologne, l’hiver dernier, on brûlait des ordures pour se chauffer. En Hongrie, on abattait des forêts centenaires… Tout ça par manque de gaz naturel, qu’on aurait très bien pu leur fournir.

Mais la priorité de nos décideurs, apparemment, c’est de bannir le gaz naturel partout dans la province et, du même souffle, nous annoncer qu’on n’a plus assez d’électricité, qu’il faudra se serrer la ceinture et payer plus cher. On fabrique une crise de toute pièce.

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