La rencontre ce 4 juillet dernier entre le premier ministre du Canada, Mark Carney, et la représentante spéciale à la lutte contre l’islamophobie, Amira Elghawaby, envoie un message clair à ceux qui espéraient un changement de cap : le multiculturalisme identitaire, promu sous Justin Trudeau, reste solidement au pouvoir — simplement mieux habillé.
Carney, présenté comme un gestionnaire pragmatique et rassurant, confirme ainsi sa pleine adhésion à une idéologie d’État fondée sur la hiérarchisation victimaire, le signalement de vertu, et la censure des inquiétudes légitimes portant sur l’islam politique. En accueillant Amira Elghawaby avec tous les égards, sans même une réserve sur ses déclarations passées ou son silence lors des pires excès islamistes récents, il ne fait pas que la tolérer : il l’adoube.
Le trudeauisme 2.0 : même dogme, nouvelle direction
Dans sa déclaration publiée le 4 juillet, Elghawaby se félicite d’une rencontre « productive » avec le premier ministre. Elle y répète les mêmes mantras que depuis sa nomination : « lutte contre l’islamophobie », « racisme envers les Palestiniens », « cohésion sociale », « inclusion ». Mais derrière cette litanie de mots creux, le message est sans ambiguïté : elle entend influencer directement les politiques fédérales dans une optique ethnoculturelle bien précise.
Elle revendique notamment :
- des modifications fiscales pour les organismes de bienfaisance musulmans — à l’heure même où plusieurs d’entre eux sont soupçonnés de liens avec le Hamas ;
- des programmes d’auto-identification ethno-religieuse dans l’administration publique ;
- une immigration ciblée pour faciliter le regroupement de familles à Gaza.
À aucun moment, bien entendu, il n’est question de lutter contre l’islamisme radical, ni même de dénoncer le Hamas ou les réseaux djihadistes opérant au Canada sous couverture associative. Elghawaby ne dévie pas d’un iota de son programme initial : défendre coûte que coûte l’idée que les musulmans au Canada sont avant tout victimes d’une société oppressive, quitte à ignorer l’inquiétante montée des réseaux séparatistes et idéologiques au sein même de nos institutions.
I had a productive meeting with Prime Minister Carney to introduce him to the work of the Office, highlight key domestic policies impacting Canadian Muslims, and underscore how Islamophobia, anti-Palestinian and anti-Arab racism continue to threaten our social cohesion and our… pic.twitter.com/bguXQWkfWX
— Amira Elghawaby (@AmiraElghawaby) July 4, 2025
Londres, symbole d’un modèle à ne pas suivre
Quelques jours avant sa rencontre avec Carney, Amira Elghawaby revenait d’un voyage officiel à Londres, qu’elle a elle-même qualifié de « très enrichissant ». Là encore, le vernis diplomatique masque mal le fond idéologique. Londres n’est pas seulement une capitale occidentale parmi d’autres : elle est aujourd’hui l’un des exemples les plus éloquents de l’échec du multiculturalisme intégral.
Communautarisme, zones de non-droit, influence croissante des conseils islamiques, refus de certains quartiers de se soumettre aux lois du Royaume-Uni — Londres incarne les dérives d’un modèle où l’égalité des citoyens s’efface au profit des revendications ethno-religieuses. Or c’est précisément ce modèle qu’Elghawaby souhaite importer et adapter au Canada.
Ce voyage n’est donc pas anodin : il marque l’internationalisation du programme islamo-progressiste canadien. Loin de vouloir corriger les effets pervers du multiculturalisme, le bureau d’Elghawaby entend s’en faire un champion sur la scène mondiale.
Une représentante au service d’une idéologie, non d’un pays
Rappelons que cette même Amira Elghawaby s’était tue pendant plus d’une semaine après les attentats du 7 octobre 2023 en Israël, alors même que des enfants, des femmes et des vieillards étaient massacrés par le Hamas. Lorsqu’elle a fini par publier une déclaration, ce fut pour dénoncer une prétendue montée de l’islamophobie au Canada, et non le terrorisme islamiste.
Plus récemment, elle s’est illustrée en demandant aux universités canadiennes d’embaucher davantage de professeurs musulmans pour combattre le « racisme anti-palestinien », glissant tranquillement vers une politique de quotas religieux, justifiée par une lecture communautaire du monde.
Cette militante, issue d’un réseau proche des Frères musulmans, a pourtant été placée par le gouvernement Trudeau à un poste officiel, censé promouvoir les valeurs canadiennes. Or depuis sa nomination, elle incarne au contraire un projet idéologique fondé sur l’intimidation morale, le renversement accusatoire et le deux poids deux mesures permanent.
Carney, ou la gestion rationnelle du sectarisme
En tant qu’ancien gouverneur de la Banque du Canada et de la Banque d’Angleterre, Mark Carney se présentait comme une figure du sérieux, de la compétence, du retour à la raison après les élans hystériques du trudeauisme. Mais sa rencontre avec Elghawaby, et surtout son silence sur les dérives de son bureau, prouvent que le fond idéologique reste intact.
Le multiculturalisme d’État, avec ses angles morts, ses tabous, et ses préférences implicites, n’est pas remis en question : il est simplement managé.
C’est peut-être là la forme la plus perfide de compromission : transformer une idéologie communautariste en politique d’inclusion respectable, sans jamais poser la question des rapports de force réels, des infiltrations islamistes dans les réseaux communautaires, ou du recul des valeurs fondamentales.
Une fracture avec le Québec
Il n’est pas anodin qu’au Québec, cette même Amira Elghawaby ait suscité un rejet immédiat et quasi unanime, allant même jusqu’à forcer Québec Solidaire à se désolidariser d’elle à contrecœur. La société québécoise, avec sa tradition de laïcité, son attachement à l’égalité civique, et son expérience douloureuse des accommodements raisonnables, reconnaît instinctivement ce que d’autres provinces préfèrent ignorer : derrière le discours victimaire se cache un programme d’exception permanente.
Il revient donc plus que jamais aux Québécois de résister à cette forme de censure morale qui criminalise toute critique de l’islamisme sous prétexte d’islamophobie. Il leur revient de rappeler que la liberté d’expression, la neutralité de l’État et la sécurité publique ne sont pas négociables — pas même au nom de l’inclusion.
Un même logiciel sous une nouvelle interface
La rencontre entre Carney et Elghawaby n’est pas un geste anodin, ni une simple formalité protocolaire, c’est le symbole d’un pouvoir fédéral qui, malgré les scandales, les silences, les compromissions et les menaces, continue d’investir dans une idéologie identitaire hostile à ses propres fondements.
Un changement de premier ministre n’aura donc pas suffi à provoquer une rupture. Le multiculturalisme islamophile, fondé sur la victimisation permanente et l’impunité des extrêmes, reste la doctrine dominante au sommet de l’État canadien.
Et tant que les provinces, les citoyens, les institutions et les médias n’oseront pas s’y opposer frontalement, cette idéologie continuera de miner silencieusement la cohésion nationale — sous prétexte de la défendre.



