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Chemin Roxham : quand on invite les gens à la mort

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Nous avons appris la semaine passée la mort d’un migrant de 44 ans près du chemin Roxham, la controversée route isolée qui permet aux immigrants illégaux de traverser la frontière canado-américaine. À sens inverse du flux habituel, l’homme en question cherchait à se rendre aux États-Unis, ce qui ne diminue pas la responsabilité du gouvernement dans le dossier.

Un hiver qui ne pardonne pas

 Les États-Unis ont les cartels, la drogue et le trafic humain, nous, nous avons l’hiver. Ce n’est pas la première fois que des migrants meurent gelés sur notre frontière.

Seulement l’année dernière, une famille de quatre avait péri dans des circonstances semblables au Manitoba, alors qu’elle cherchait à se rendre aux États-Unis.

En 2017, un groupe de migrants somaliens en provenance des États-Unis avait dû être secouru alors qu’ils étaient perdus dans les mêmes étendues glacées manitobaines.

On finit par l’oublier, mais le climat canadien ne pardonne pas et crée des conditions extrêmement dangereuses pour quiconque oserait s’y aventurer sans préparation. C’est, en quelque sorte, le premier apprentissage d’un nouveau Canadien : on s’adapte au climat et non l’inverse.

Dans ces circonstances, il est extrêmement irresponsable d’alimenter l’ambiguïté au sujet de nos frontières et le message devrait être clair : « Il est illégal et extrêmement dangereux de traverser la frontière de manière irrégulière. Ne le faite pas ».

Ambiguïté mortelle

La question des frontières est l’une des rares où c’est tout noir tout blanc ; soit on ouvre complètement les frontières, soit on les ferme complètement. La zone dangereuse pour la population canadienne comme pour les migrants, c’est l’ambiguïté, les doubles discours et les voies alternatives.

Il serait bien beau le monde où nous n’aurions pas de contrôle aux lignes, comme entre les pays européens, mais nous ne formons pas de confédération avec les États-Unis et n’avons pas d’intérêts économiques ou culturels à le faire. Les frontières sont là pour rester.

Dans cette situation, le message doit être clair ; tout passage en dehors des points de contrôle officiels est illégal et doit être puni en bonne et due forme.

Sinon, on se retrouve avec cette sorte d’ambiguïté où on envoie le message que le chose est illégale, mais qu’il n’y a pas de conséquences et qu’on reçoit les illégaux comme des rois. On crée une situation qui est carrément une invitation à prendre le risque pour les migrants.

C’est avec ce genre de discours mielleux et irresponsables qu’on se ramasse avec le passage de 91 000 migrants illégaux depuis 2017. Et sur ce lot, il est inévitable qu’il y ait des fatalités.

À force de pencher en faveur des migrants illégaux, le gouvernement de Justin Trudeau les invite ouvertement à prendre le risque de mourir à la frontière, ce qui est inacceptable. Dans un sens comme dans l’autre, il faut retirer la motivation derrière cette prise de risque et affirmer haut et fort que la loi sera appliquée et que les illégaux seront retournés d’où ils sont venus.

Suite à cela, s’il y a encore des tentatives, elles seront la responsabilité seule du migrant, et non d’un gouvernement qui l’aurait invité à prendre la route.

Mauvais voisinage

Ce laxisme autour du chemin Roxham, aussi, finira par sérieusement embêter nos voisins du sud, qui ont déjà des problèmes à leur frontière sud avec le Mexique. Il serait peut-être temps d’agir avant qu’ils nous réclament l’érection d’un mur tout le long de notre frontière de 8 891 km!

Même si on dispose de peu d’information sur la victime de mercredi dernier, on sait qu’il avait un mandat d’arrestation contre lui durant le temps des fêtes et que sa recherche fut abandonnée puisqu’on pensait qu’il était déjà aux États-Unis.

Ainsi, bien qu’il y ait peu d’entrée du Canada vers les États-Unis, ce passage de criminels de part et d’autre de la frontière a de quoi déranger.

N’oublions pas la grande quantité d’armes à feu qui passe aussi par Akwesasne! Celles-ci alimentent la majorité des violences urbaines à Toronto et Montréal.

Mais les scandales entourant ce poste-frontière officieux ne s’arrêtent pas aux questions de principe ; on apprenait cet été que le propriétaire des terrains autour de Roxham, qui bénéficie de généreux contrats de location de ses terrains par les services frontaliers, était un important donateur libéral…

C’est donc probablement à regrets que Trudeau entend renégocier avec les États-Unis pour fermer le chemin Roxham pour de bon en 2023. Au bout du compte, ça aura pris les États-Unis pour finalement faire entendre raison au gouvernement.

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