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Congrès de Québec Solidaire : un avenir incertain pour un parti à la croisée des chemins

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C’est une surprise qui a pris tout le monde : l’élection comme co-porte-parole Émilise Lessard-Therrien, ex-députée de Rouyn-Noranda Témiscamingue. La favorite qui était Christine Labrie de Sherbrooke fut éliminée dès le premier tour. Des propositions intelligentes comme farfelues ont fait l’objet de votes durant ce congrès à Gatineau également. Quel avenir pour Québec Solidaire? Est-ce que le parti de gauche radicale peut éliminer son plafond de verre et percer dans les régions? Pas sûr. C’est ce que nous allons voir.

Éric Duhaime est bon joueur : il mentionne sur Facebook que Québec Solidaire lui aurait volé l’idée d’abolir la taxe de vente sur les produits usagés ou les réparations. Et selon lui, ce n’est pas parce que l’idée fut votée en premier par son parti que c’est une bonne idée, mais seulement une question de bon sens. Voilà un Québec Solidaire que nous aimerions voir plus souvent. Qui défend à la fois les « minorités » mais aussi les travailleurs et gens du quotidien. Une mesure qui vise à réduire l’importance du gouvernement dans nos vies, dans nos transactions informelles entre citoyens. C’est déjà ça.

Cela dit, une autre proposition cette fois-ci montre bien la déconnexion des solidaires. En effet, ceux-ci veulent désormais que lors des élections partielles, le parti n’autorise que les « femmes et les personnes non-binaires » à se présenter, considérant le caucus comme trop masculin. Évidemment, rien n’est dit sur les modalités pour évaluer de la « non-binarité » d’une personne. Doit-on se baser sur une déclaration de la personne, son apparence physique?

Manon Massé avait déjà évoqué l’idée qu’un jour Québec Solidaire pourrait avoir des porte-parole « non-binaires » au lieu d’un homme et d’une femme. On a beau tourner dans tous les sens, et si le transgenrisme existe, la « non-binarité » quant à elle est une idéologie ou un effet de mode. Il est peu probable que dans 30 ans, des gens se définissent toujours comme « non-binaires ».

Mais revenons-en à nos moutons. Québec Solidaire a fait le pari des régions en la personne d’Émilise Lessard-Therrien. Pourtant, il faudra beaucoup plus qu’une porte-parole originaire du Témiscamingue pour inciter les Québécois à voter pour ce parti qui débat toujours s’il faut présenter des hommes candidats. Dans les prochaines années, il est possible que Québec Solidaire se scinde en plusieurs groupes. D’un côté les indépendantistes sincères, qui en ont assez des hésitations du parti et de ses membres, rentreront à la « maison », au Parti Québécois.

Plusieurs membres fédéralistes, anglophones ou issus de communautés culturelles n’attendent que l’occasion se présente pour développer un NPD Québec. Québec Solidaire demeure une coalition de diverses gauches, qui ne s’entendent pas bien entre elles. Souvenons-nous des antiracistes décoloniaux qui ont claqué la porte du parti. Trop « blanc » selon eux. Ce qui est ironique, c’est que la porte-parole du collectif est d’origine turque et a une apparence européenne, mais se voit comme « racisée » à cause de son nom. Nous nageons en plein délire.

C’est exactement la nature de Québec Solidaire. Souvent délirante, parfois lucide, même si c’est rare. Dans un article récemment publié sur Québec Nouvelles, Philippe Sauro-Cinq-Mars rappelait que Christine Labrie avait fait preuve d’objectivité en affirmant que les mesures pour la « transition énergétique » affecteraient différemment les gens selon le milieu de vie, en région notamment. Une taxe carbone sur le mazout affectant de façon disproportionnée les gens habitant dans les régions ou les agriculteurs.

Donc, Québec Solidaire devra résoudre la quadrature du cercle : à la fois, intéresser les régions rurales, les banlieues presque toutes acquises à la CAQ, et aussi garder ses bastions dans les centres urbains. Si certaines propositions sont intéressantes, comme l’abolition de la TVQ sur les produits usagés, ils continuent toujours dans le délire des « non-binaires », ce qui rebutera 80% de la population québécoise qui n’a aucun intérêt dans ce genre de débat. Mais pour gagner des voix en région, ils devront maintenir leur base militante plus radicale encore qu’eux, qui n’auront peut-être la patience et la tolérance de faire des « concessions » à des régions peuplées de Québécois de souche honnis pour « leur racisme et leur transphobie ». Seul l’avenir nous dira si les solidaires auront réussi – ou non – leur pari.

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