Nous apprenions dans les derniers jours que la société Métaux Osisko planifiait de rouvrir la mine de cuivre de Murdochville pour en faire l’une des plus grosses mines à ciel ouvert au Québec. Cette renaissance pourrait transformer la petite ville, qui avait vu la mine opérée par Mines Gaspé fermer en 1999, en moteur économique de la Gaspésie pour les prochaines décennies.
Dans un contexte de tensions tarifaires où le Québec cherche à stimuler et diversifier son économie, ce genre de projet est le bienvenu. Les réglementations tant provinciales que fédérales font en sorte que la mine ne sera opérationnelle qu’en 2032, mais Robert Wares, président de Métaux Osisko, demeure confiant que le projet aboutira en bon temps.
Le cuivre, un minerai critique.
Le géologue de formation, qui est aussi à l’origine de la mine d’or Canadian Malartic, rappelle que le cuivre a repris de la valeur dans les dernières années et est devenu un minerai critique : «Depuis la fermeture de la mine de cuivre de Murdochville par la Noranda en 1999, il n’y a plus de mine de cuivre au Québec, et c’est un minerai critique qui est au cœur de la transition énergétique. On a décidé de travailler là-dessus».
Dans un article de La Presse sur le sujet, on rappelle qu’à l’époque, la livre de cuivre était tombée à 65 cents, ce qui rendait la mine de Murdochville non-rentable. Or, le prix est désormais à 4,30$ US, et la tendance est à la hausse en raison de son usage dans beaucoup de composants électroniques ou de batteries.
Ainsi, 3 milliards seront investis afin de préparer les infrastructures. De plus, la compagnie convertira la mine souterraine en mine à ciel ouvert. Cela changera la manière de procéder : « Lorsque la mine de Murdochville était souterraine, la teneur du minerai de cuivre était de l’ordre de 1 %. En exploitant à ciel ouvert, on va avoir du minerai d’une teneur en cuivre moindre, à 0,3 %, mais on va l’extraire et le traiter de façon beaucoup plus massive».
Par plus massif, ici, on entend le triple de ce que produit actuellement la mine d’or de Malartic, et donc 150 000 tonnes de minerai chaque jour, ce qui équivaudrait à 150 000 tonnes de cuivre par année. Au total, « ‘on évalue le gisement à 4,91 milliards de livre de cuivre, ce qui en ferait le plus grand gisement non développé de l’est de l’Amérique du Nord ».
Ce sera donc là une mine massive et déterminante dans l’économie de la province. On se rappelle que 5000 personnes habitaient autrefois à Murdochville, et que maintenant, ils ne sont que 650. La réouverture de cette mine viendra assurément redynamiser la région.
Possibles tarifs?
Pas plus tard qu’hier, le président américain Donald Trump a évoqué la possibilité de tarifs sur le cuivre. Ces investissements seraient-ils à risque? Pas selon Wares, qui explique avoir déjà réglé cette question : « On s’est entendus avec Glencore, qui va prendre toute notre production. Nous, on va envoyer la poudre de cuivre à Gaspé, et de là, soit Glencore garde toute la production pour les besoins de la Fonderie Horne de Rouyn-Noranda, soit elle l’exporte vers les fonderies de l’Europe ».
Blocages réglementaires?
Évidemment, il faudra se soumettre à un long et ardu processus auprès de tous les paliers de gouvernement afin de faire aboutir le projet. En effet, car si les ressources naturelles sont habituellement gérées par le provinciale, il y a aussi un bon nombre de réglementations fédérales qui sont susceptibles de ralentir le processus.
Le gouvernement du Québec, de son côté, exprime un franc support au projet, et a même mis en place un programme pour maximiser les retombées économiques pour les entrepreneurs gaspésiens. Et pour la municipalité, on se montre évidemment enthousiaste et on se rappelle le « Klondike » des belles années avant la fermeture de la mine.