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Des activistes LGBTQ+ forcent l’annulation d’une conférence à McGill

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La conférence «Le débat Sexe vs (identité de) Genre au Royaume-Uni et le divorce entre LGB et T » [The Sex vs. Gender (Identity) Debate In the United Kingdom and the Divorce of LGB from T] que devait prononcer le professeur Robert Wintemute du King’s College de Londres a été annulée suite aux perturbations d’activistes LGBTQ+.

Selon un statut Facebook de Celeste Trianon, qui a organisé la contestation de l’événement, quelque 200 personnes seraient venues manifester contre l’Université. Il ne s’agissait pas exclusivement d’étudiants de l’établissement. Un groupe de ces manifestants (qui portaient tous le masque sanitaire) est parvenu à faire irruption dans la salle de conférence. Ils se sont mis à chahuter, rendant la tenue de la conférence impossible. À lui seul, le bruit venant de dehors dérangeait déjà beaucoup.

Rassemblés dans le hall, de bruyants manifestants ont également intimidé quelques personnes qui espéraient assister à la conférence de Robert Wintemute, dont Annie-Ève Collin qui rapporte qu’elle et l’amie qui l’accompagnait se sont fait pousser, insulter et empêcher d’entrer dans la salle. Tandis qu’elle s’est fait crier directement dans l’oreille par quelqu’un qui tenait un porte-voix, son amie s’est fait pousser par terre. Un des manifestants a même lancé son cellulaire.

Sur l’un de leurs signes, on pouvait lire: « McGill, pire que le dépotoir de l’humanité ». D’autres pancartes s’en prenaient aux TERFs, un terme péjoratif pour désigner les féministes radicales critiques du genre (Trans-Exclusionary Radical Feminist).

Une lettre ouverte accompagnant l’appel à manifester contre la venue du professeur s’ouvre avec l’affirmation: « L’Université McGill contribue activement au génocide des personnes trans à travers le monde ». Elle se termine avec : « La liberté d’expression ne signifie pas devoir tolérer les discours de haine ». Robert Wintemute est pourtant spécialisé en droits de la personne.

Pourquoi pareille diabolisation? Robert Wintemute est l’un des administrateurs de l’Alliance LGB, un groupe fondé au Royaume-Uni en 2019, qui préconise une scission de l’acronyme LGBTQ+. Cette association considère que les lettres LGB correspondent toutes à l’orientation sexuelle, tandis que le T est porteur d’une cause distincte, dissociable et potentiellement conflictuelle, notamment en raison de la confusion qu’il suscite entre sexe biologique et identité de genre. Effectivement, si on désavoue le sexe biologique et qu’on admet le concept de non-binarité, qu’advient-il de l’homosexualité?

Dans une entrevue accordée à Benoît Dutrizac, Robert Wintemute a expliqué son opposition au changement de sexe juridique tel que proposé dans les Principes de Jogjakarta, des normes juridiques internationales concernant l’orientation sexuelle et l’identité de genre élaborées par un groupe d’experts en droits humains en Indonésie en 2006, puis actualisées en Suisse en 2017. Au principe 31, on trouve l’obligation d’accepter le changement de prénom et de sexe à l’état civil à tout âge; au principe 32, l’obligation de protéger le droit de tout enfant à l’autodétermination. Ces principes sont non contraignants, mais des institutions internationales telles que l’ONU et le Conseil de l’Europe s’en inspirent pour faire des recommandations aux pays membres. Ces experts n’ont aucune autorité, mais leurs consignes servent de référence juridique et de boussole morale au monde entier.

L’Alliance LGB considère que les politiques prônées par le trans activisme portent atteinte aux droits et protections des femmes fondés sur le sexe. L’association rejette aussi l’ajout de l’identité de genre dans les programmes scolaires ainsi que les traitements pharmaceutiques pour les enfants qui ont reçu un diagnostic de dysphorie du genre. Toutefois, aucune des positions du groupe ne s’apparente le moindrement à de la « haine », et encore moins à un « génocide ».

Initialement mise de l’avant par les militants wokes, l’idéologie queer a fait son chemin jusqu’aux sphères du pouvoir. Les personnes trans identifiées sont désormais les chouchous d’un régime diversitaire qui les place en position d’avantage. Ne leur en déplaise, l’expression d’opinions critiques ne leur nie pas le droit d’exister.

Ici, le droit bafoué est celui des personnes qui voulaient écouter un conférencier.

S’ils tiennent absolument à faire taire leurs adversaires, c’est parce qu’ils sont incapables de les affronter sur le terrain idéologique. La théorie du genre et la notion de genre variable, desquelles découlent toutes leurs revendications, ne sont pas basées sur la réalité observable, mais sur le ressenti, forcément subjectif, qui ne fera jamais le poids contre la vérité objective dans un débat d’idées.

Qu’il provienne de conservateurs, de féministes, ou de personnes LGB, le discours critique de la mouvance trans (ou queer) n’a aucun pouvoir génocidaire. Tout ce qu’il peut tuer, ce sont les affirmations erronées des idéologues du genre, qui nous disent que le sexe biologique est différent de l’identité de genre, mais qui tentent parallèlement de le remplacer par la notion de genre. Sinon, le suffixe trans leur suffirait et ils ne voudraient contraindre personne à reconnaître qu’une femme trans est une femme à 100%.

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